Chiffres du chômage : ça ne baisse pas

02 Mai 2018

Pôle emploi a publié le 25 avril des statistiques trimestrielles du chômage : elles montrent une très légère baisse de 1 %, mais seulement d’une catégorie de chômeurs.

L’annonce repose uniquement sur la catégorie A de Pôle emploi, sans travail du tout, qui sont 3,4 millions en France métropolitaine, et plus encore si on compte l’outre-mer.

C’est donc un trompe-l’œil, car l’ensemble des chômeurs est de 6,2 millions ! Et, s’il est besoin de démonter l’opération passe-passe de l’annonce de Pôle emploi, il suffit de regarder ses chiffres de près. La « reprise », le « réveil » dont certains commentateurs se délectent, ce n’est pas pour les chômeuses, même en catégorie A, dont le nombre augmente. Ce n’est pas non plus pour les plus de 50 ans, en particulier les femmes, ce n’est pas pour les jeunes de moins de 25 ans. Et c’est encore moins pour les chômeurs de longue durée (+ 6,5 % en un an). Et il n’est nulle part question des 3 millions de chercheurs d’emplois découragés qui, selon ATD-Quart monde, seraient en grande partie des allocataires du RSA socle, des jeunes qui n’ont trouvé ni emploi ni formation, ou ne sont inscrits sur aucune liste, et qui ont perdu espoir et ne touchent rien.

Qu’on soit classé dans la catégorie A, B, C, D ou E, être chômeur c’est faire partie de cet énorme groupe de travailleurs que la société capitaliste choisit de laisser vivoter sans un salaire décent – 1 800 euros minimum – pour l’unique raison qu’elle veut faire baisser le « coût » du travail et donc augmenter la productivité, l’exploitation de ceux qui restent pour remplir ses coffres.

Viviane LAFONT