La dette a bon dos

07 Mars 2018

Parmi les mauvais arguments du gouvernement et des commentateurs journalistes pour défendre la casse des conditions de travail et de retraite des cheminots, figure en bonne place la dette de la SNCF. Son accroissement serait dû en grande partie au coût exorbitant des cheminots et, en première ligne, de leur statut. Mensonge !

Déjà en 1996 la dette atteignait des sommets  : près de 35 milliards d’euros, dus aux ponts d’or faits à Bouygues, Dumez, Sacilor, Creusot-Loire et autres grands groupes capitalistes, à l’occasion de la construction des lignes à grande vitesse. Pour paye r les trusts, la SNCF s’était endettée au profit des banques, pendant qu’elle supprimait des milliers d’emplois et, déjà, des lignes secondaires.

Début 1997, un tour de passe-passe financier faisait passer 20,5 milliards de dette SNCF à une nouvelle structure, RFF, aujourd’hui dénommée SNCF réseau. Cela n’a pas emp êché la dette de continuer à grossir. En 2003, la Cour des comptes enregistrait une dette cumulée SNCF-RFF de 40 milliards d’euros, au profit des banquiers et aux dépens des caisses de l’État. Les effectifs cheminots étaient pourtant tombés de 255 000 en 1980 à 180 000 en 2003.

À l’heure actuelle, l ’endettement de SNCF réseau serait de 47 milliards, celui du reste de la SNCF (SNCF mobilités) de 8 milliards, soit un total de 53 milliards qui ont été vers és aux groupes capitalistes impliqués dans le développement du réseau TGV et la maintenance des installations vieillissantes. Les banques continuent elles aussi à se servir, puisqu’un milliard leur est versé chaque année au titre des inté rêts de la dette.

Dans le même temps, des lignes secondaires ont continué d’être fermées, l’entretien des voies et du matériel autre que TGV d’ê tre délaissé, et les effectifs des cheminots d’être rognés. Ils sont aujourd’hui environ 146 000, soit près de 110 000 de moins qu’en 1980. Autant dire que leur faire porter la responsabilité de la dette est de la plus sinistre mauvaise foi !

Lucienne PLAIN