Une riposte nécessaire28/02/20182018Journal/medias/journalarticle/images/2018/02/p4_cheminots_4_C_CGT_Lille_C_LO_resultat.jpg.420x236_q85_box-0%2C40%2C800%2C491_crop_detail.jpg

SNCF

Une riposte nécessaire

Le 26 février, Edouard Philippe, le Premier ministre, a lancé son plan d’attaque contre les cheminots. Sans surprise, il a repris la quasi-totalité des préconisations du rapport Spinetta qu’il avait commandé. L’application de ce plan représenterait un recul considérable pour les cheminots.

Illustration - Une riposte nécessaire

Derrière la disparition programmée du statut, il y a tout d’abord le permis de licencier à grande échelle. Ce statut, agité comme un chiffon rouge, ne garantit certainement pas l’emploi à vie, puisque de nombreux cheminots sont licenciés chaque année pour faute individuelle ou poussés à la démission. Mais il interdit à la SNCF les licenciements collectifs. C’est justement de tels plans de licenciement que préparent gouvernement et patronat dans les années à venir, dans les ateliers menacés de fermeture, dans les guichets et dans tous les corps de métier avec l’externalisation de nombreuses tâches et l’abandon de milliers de kilomètres de lignes. Et si la précarité existait déjà, le gouvernement veut la généraliser, plonger n’importe quel travailleur du rail dans l’insécurité du lendemain, le soumettre à la loi du profit et à l’arbitraire patronal.

Derrière la disparition du statut, il y aussi celle de la réglementation du travail. Face aux innombrables accidents du travail et de circulation, les cheminots avaient imposé, par la lutte, d’abord aux compagnies privées puis à la SNCF, des repos compensateurs minimaux, une limitation de l’amplitude de la journée de travail, de la durée de conduite par exemple. Philippe veut balayer ces maigres protections et n’appliquer, aux nouveaux embauchés, que le Code du travail… qu’il continue de démolir de l’autre main.

Une attaque frontale

Parallèlement, Philippe confirme le transfert obligatoire des cheminots, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, en cas de perte de marché par la SNCF. L’entreprise repreneuse pourrait alors imposer sa propre réglementation du travail, régressive, aux cheminots concernés.

Et puis partout, le plan gouvernemental propose de généraliser la polyvalence, de changer l’organisation du travail, en particulier par l’augmentation du travail de nuit. Il propose aussi d’accélérer les suppressions d’emplois, par l’instauration de plans de départs volontaires pour les uns et l’intensification du travail pour les autres.

C’est bien avec la peau des cheminots, que l’équipe Macron-Philippe, marchant main dans la main avec la direction de la SNCF, veut doper les profits présents et futurs du patronat ferroviaire.

Depuis la publication du rapport Spinetta et encore davantage après les annonces du plan gouvernemental, dans les ateliers, les gares et les dépôts, les discussions sont incessantes. La gravité de l’attaque ne laisse aucun doute.

L’indignation est générale devant la campagne présentant les cheminots comme des privilégiés. De la même façon, de nombreux cheminots sont offensés par l’impudence des politiciens et des journalistes qui osent mettre sur leur dos retards et incidents alors qu’usagers et cheminots sont victimes des suppressions massives d’effectifs et du manque de matériel et d’investissement depuis 30 ans.

Le gouvernement tente de diviser les cheminots entre ceux qui ont le statut et le garderont, et ceux qui ne l’ont pas. Mais si de nombreux travailleurs ne sont pas au statut, mais en CDI, ou appartiennent à des entreprises sous-traitantes, bon nombre savent que tous sont visés, dans ce plan d’attaque contre les salaires, les emplois et les conditions de travail. Le recul des uns entraînera inévitablement le recul des autres. Il faut réagir ensemble.

Plus que la décision de légiférer par ordonnances, qui a fait réagir certaines directions syndicales et des parlementaires, c’est le contenu des attaques en lui-même qui révolte les cheminots. Et ils savent que ce n’est certainement pas par les discussions et prétendues négociations qu’ils obtiendront quoi que ce soit. La seule chose qui peut inquiéter le gouvernement, c’est la mobilisation des travailleurs.

Il faut se préparer à une grève dure. D’ores et déjà des cheminots, même parmi ceux qui n’ont jamais fait grève, s’y déclarent prêts.

À la suite de l’annonce des ordonnances, plusieurs syndicats ont adopté lundi 26 février un discours combatif, Laurent Brun, secrétaire de la fédération CGT Cheminots déclarant : « Pour faire plier le gouvernement, il va sans doute falloir un mois de grève. » Même la CFDT Cheminots, qui a soutenu et signé les précédentes réformes, se disait favorable à une « grève reconductible à partir du 14 mars ». Mais, réunies le mardi 27, les fédérations ont jugé pour l’heure urgent… d’attendre et de se caler sur le calendrier de discussions du gouvernement, lui redonnant l’initiative.

C’est donc la journée du 22 mars, où une manifestation nationale des cheminots est organisée en même temps que celle de la fonction publique qui, pour l’heure, constitue la première riposte appelée par la CGT, Sud-Rail et l’UNSA. Il faut qu’elle soit massive par le nombre de grévistes, dans les assemblées et dans la rue.

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