République démocratique du Congo : manifestations réprimées28/02/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/03/2587.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

République démocratique du Congo : manifestations réprimées

En République démocratique du Congo, des manifestations contre le président Joseph Kabila, interdites par le gouvernement, ont été réprimées par l’armée qui a tiré sur la foule, faisant des morts.

Déjà en décembre 2016 l’armée avait tué des dizaines de manifestants qui réclamaient le départ de Kabila. Il avait dû alors promettre la tenue de nouvelles élections. Mais, bien décidé à rester à la présidence qu’il occupe depuis 2001, il n’avait pas respecté le protocole signé avec l’opposition en 2017 et ses proches continuaient à occuper tous les postes. Les élections furent une fois de plus repoussées… à fin 2018, alors que le mandat présidentiel de Kabila finissait fin décembre.

Devant une telle situation, la population congolaise n’a pas baissé les bras et elle a continué à manifester malgré la répression sanglante. En décembre 2017 et en janvier 2018, l’armée faisait encore des dizaines de victimes en tirant sur des foules de manifestants.

Ces mobilisations sont à l’initiative de l’Église catholique, certains prêtres prenant la tête des manifestations à la sortie des églises et de la messe du dimanche. L’Église avait même obtenu que les partis d’opposition à Kabila se placent sous sa tutelle, en n’arborant ni logo ni pancarte.

Le discrédit de Kabila, le rejet du régime dictatorial et corrompu qu’il impose au pays et la mobilisation populaire obligent les politiciens congolais à rechercher une solution de transition qui aurait l’appui des grandes puissances, qui craignent par-dessus tout que le régime de Kabila soit balayé par une révolte populaire. C’est le rôle de l’Église d’aider à trouver une solution qui pousserait Kabila dehors, permettrait de présenter son départ comme une victoire de la population… mais maintiendrait un gouvernement stable, pour que rien ne change réellement dans le pays.

Les intérêts des trusts y seraient sauvegardés et ils continueraient à exploiter les richesses du sous-sol congolais, notamment le cobalt utilisé pour les téléphones portables (Apple, Samsung) et les voitures électriques (Tesla, Renault…), minerai dont la RDC fournit la moitié de la production mondiale.

Aujourd’hui, rien ne dit que Kabila acceptera de quitter le pouvoir ou s’il tentera de s’y maintenir par la force. Rien ne dit que les grandes puissances, dont la France, lui retireront leur soutien, l’obligeant à partir.

Pour faire prévaloir leurs intérêts, les travailleurs et les couches populaires de RDC ne pourront compter que sur leurs mobilisations, contre l’actuel dictateur et contre tous ceux qui se disputent sa succession sans vouloir remettre en cause l’ordre impérialiste, responsable de la pauvreté de la plus grande partie de la population congolaise.

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