Travailleurs sans papiers : les grèves continuent

28 Février 2018

Depuis le 12 février, 161 travailleurs sans papiers sont en grève pour leur régularisation, soutenus par la CGT. Ces grévistes sont répartis dans sept entreprises en Île-de-France.

À Event Thai, un traiteur chinois dans le Val-de-Marne où il y a 14 grévistes sénégalais, les presque cent salariés de l’entreprise, en majorité chinois, travaillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le rendement est très soutenu, pour produire en permanence des plateaux de nems, raviolis ou bouchées, entre autres. La salle de pause est trop petite pour accueillir tout le monde en même temps, et de toute façon la pause est variable, c’est-à-dire pratiquement inexistante pour tout le monde. Le salaire des travailleurs sans papiers est inférieur au smic et reste le même, qu’ils travaillent de jour, de nuit ou le week-end. Un simple appel téléphonique ou un SMS, et il faut rappliquer.

La plupart travaillent avec les papiers d’autres salariés, les « alias ». Cet alias touche sur son compte en banque le salaire à la place du camarade, puisque celui-ci s’est déclaré sous son nom. Libre à l’alias de redonner le salaire ou pas, en totalité ou pas, au camarade sans papiers. Souvent l’alias demande à être rémunéré en échange du prêt de son identité, la somme pouvant atteindre 400 euros par mois. Une fois retirée cette somme, le loyer de la chambre de foyer, et l’argent pour aider la famille au pays, il ne reste plus grand-chose pour vivre.

Alors, ces camarades grévistes d’Event Thai étaient très contents et fiers, après quinze jours d’occupation des locaux, de voir leurs patrons céder et remplir tous les Cerfa ainsi que les attestations de concordance d’identité nécessaires pour constituer le dossier à déposer pour un titre de séjour.

L’occupation des locaux d’Event Thai continue, en attendant une nouvelle discussion entre la délégation CGT représentant les 161 grévistes des 7 entreprises occupées, le ministère du Travail et celui de l’Intérieur. La mobilisation n’est donc pas terminée et elle continuera tant que les 161 grévistes n’auront pas tous obtenu satisfaction. Ils vivent ici, ils bossent ici, ils restent ici !

Correspondant LO