Syrie : l’hypocrisie des grandes puissances

28 Février 2018

Des raids aériens du régime syrien contre la Ghouta orientale, région située près de la capitale, Damas, ont eu lieu mardi 27 février. Les bombardements continuent malgré une trêve humanitaire censée être appliquée quotidiennement durant cinq heures.

400 000 civils syriens se retrouvent toujours coincés dans cette enclave dont le régime d’Assad cherche à reprendre le contrôle contre des milices opposantes. Ils subissent un blocus terrible et les bombardements meurtriers de l’armée d’Assad. Soutenu par ses alliés russes, celui-ci veut reprendre coûte que coûte cette zone. Il y a déjà eu plus de 500 morts civils, en quelques jours, dont plus de 100 enfants. Les images de ces enfants terrorisés, blessés, sont révoltantes. Barbare, le régime syrien l’est sans conteste. Mais les larmes versées par les représentants impérialistes depuis le début de cette guerre qui a fait plus de 500 000 morts, 10 millions de déplacés, soit la moitié de la population, ne sont que des larmes de crocodile.

Car en réalité, depuis 2011, Bachar al-Assad a eu largement le temps de vérifier qu’il n’a rien à craindre des puissances impérialistes.

Après avoir lâché Assad, les États-Unis et les autres grandes puissances ont laissé la Russie et l’Iran le remettre en selle sous prétexte de combattre Daech. La vérité est que les dirigeants des pays impérialistes et de la Russie s’accommodent d’Assad, pour imposer sa poigne de fer sur la population. Macron, l’été dernier, lors d’une rencontre avec Poutine, évoquait même la nécessité « de préserver l’État syrien afin de ne pas encore plus fragiliser la région ». On ne peut être plus clair.

Mais la Syrie, après l’Irak, est devenue un enjeu et un terrain d’affrontements entre les puissances régionales. Et après s’être affrontés par milices interposées, la Turquie, l’Iran, Israël et l’Arabie saoudite se livrent en Syrie une guerre de plus en plus ouverte.

Et pendant ce temps, la famine s’est installée et le massacre de la population continue sous les commentaires hypocrites des grandes puissances.

Aline RETESSE