Écoles : contre les fermetures de classes

28 Février 2018

Manifestations devant les rectorats, occupations d’écoles par les parents, grèves : partout dans le pays, ces dernières semaines, enseignants et parents s’organisent pour protester contre les fermetures de classes. En effet, au début du mois de février ont été dévoilées les prévisions de carte scolaire, c’est-à-dire les prévisions de fermetures et d’ouvertures de classes pour la prochaine rentrée scolaire.

Blanquer, le ministre de l’Éducation, joue la comédie de l’homme sage et optimiste. Il avance des chiffres de créations de postes, applaudit à sa réforme de dédoublement des CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire, se félicite en un mot de la situation qui, selon lui, « marque la priorité accordée à l’école primaire, où s’opère l’acquisition des savoirs fondamentaux ». Il reste plus discret sur la baisse de 10 % des postes offerts au concours pour devenir professeur des écoles et botte en touche sur le nombre de fermetures de classes dans tous les départements.

Dans le Loiret, 43 fermetures de classes sont envisagées (pour seulement 18 ouvertures). Dans le Tarn, il est question de fermer 62 classes. Dans la Somme, ces fermetures seraient au nombre de 36. Ce ne sont que quelques exemples. Les écoles en milieu rural sont touchées, mais pas seulement, contrairement à ce qu’avancent par démagogie certains représentants de la droite. En région parisienne, 420 classes seraient menacées de fermeture. D’après le principal syndicat de l’enseignement du premier degré, le SNUIPP, 70 départements seraient en état d’alerte. Il faut ajouter à ce tableau noir le fait que beaucoup de ces classes fermées le sont en maternelle, alors que celles-ci jouent un rôle essentiel pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en CP, dont le ministre dit se préoccuper tout spécialement.

Les différents rectorats avancent tous les mêmes arguments pour justifier ces fermetures : il y aurait une baisse démographique. Cet argument n’est utilisé que dans un sens car, lorsqu’il y a une hausse du nombre d’enfants scolarisés, les moyens supplémentaires ne suivent pas pour autant. Ce serait aussi pour permettre les dédoublements des niveaux CP/CE1 en zone d’éducation prioritaire, un argument utilisé également pour justifier les diminutions de moyens dans les lycées professionnels, dans les lycées généraux ainsi qu’au collège, rien que ça !

En réalité, la politique gouvernementale est de prendre d’un côté pour colmater les brèches ailleurs, et au bout du compte d’augmenter de plus en plus le nombre d’élèves par classe. Une politique visant surtout à faire des économies et qu’il faut continuer à combattre.

Aline RETESSE