SNCF : passages à niveau meurtriers

08 Novembre 2017

À Bonneville-sur-Touques, près de Deauville dans le Calvados, trois personnes, un couple et un enfant, sont décédées jeudi 2 novembre dans une collision entre un train et leur voiture.

L’accident a eu lieu à un passage à niveau non protégé, sans barrière ni sonnerie, signalé par un simple panneau d’avertissement. Aucun blessé grave ne figure parmi les 95 passagers du train, mais l’accident aurait pu être encore bien plus meurtrier, car le train a déraillé, sans toutefois se renverser.

Les habitants de Bonneville, la maire du village en tête, sont en colère face à cette situation : « Il y a eu une enquête de la SNCF. Ils ont estimé que ce passage ne devait pas être protégé. » Tout le monde se souvient qu’un accident avait déjà eu lieu au même endroit il y a quinze ans. Mais, pour le directeur de crise de SNCF-Réseau Normandie, « c’est un passage à niveau qui n’est pas répertorié à risque ».

La SNCF précise que, dans le cadre d’un plan national, seuls huit passages à niveau en Normandie sont priorisés, c’est-à-dire qu’ils font l’objet de travaux de sécurisation ou de suppression… mais elle refuse d’indiquer lesquels et précise que ces points prioritaires sont déterminés par la fréquence des accidents.

Pour la direction de la SNCF, c’est donc simple : il faut attendre des accidents pour que des travaux de sécurisation soient envisagés. Il y a eu en France 665 collisions en six ans, responsables de 177 décès.

La SNCF préconise le respect du Code de la route : les accidents seraient surtout dus, selon elle, au manque de respect des consignes de sécurité. Dans bien des entreprises, on rejette la cause des accidents sur les travailleurs, qui ne feraient pas attention et ne respecteraient pas les règles de sécurité.

Mais il existe aussi des mesures faites pour éviter les accidents, y compris ceux dus à une inattention humaine.

Concernant les passages à niveau, la remise en place de gardes-barrière, ou au moins l’installation systématique de barrières et de détecteurs de présence permettraient l’arrêt du train dès qu’un véhicule est stoppé sur les rails, et non plus lorsqu’il est visible par le conducteur. Mais ces moyens techniques ont un coût.

Il est révoltant qu’il existe encore, seulement pour des raisons d’économies, plusieurs milliers de passages à niveau comme celui-là, sans aucune protection et donc extrêmement dangereux. La SNCF et les différents gouvernements qui président ou ont présidé à sa politique ont une lourde responsabilité dans les accidents parfois mortels qui en découlent.

Correspondant LO