Impôts : la bourgeoisie exige, le gouvernement exécute

25 Octobre 2017

Le 24 octobre, les députés ont voté la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Dans ce nouvel impôt, les portefeuilles d’actions, les profits financiers ne seront plus pris en compte. C’est un cadeau de 3,5 milliards d’euros aux plus riches. De l’aveu même de Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, les mille plus riches qui payaient l’ISF économiseront la bagatelle de 400 millions d’euros, soit 400 000 euros chacun en moyenne.

Dans la même séance parlementaire, un second cadeau fiscal a été voté pour les plus aisés avec l’instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital (intérêts, dividendes, etc.). Cet impôt, prétendument destiné à simplifier le travail du fisc, diminuera les prélèvements de 1,3 milliard en 2018 et 1,9 milliard en 2019. La majorité macroniste a donc fait un cadeau de plus de 5 milliards à ceux dont les coffres débordent déjà.

Le gouvernement prétend que ce gros lot se transformera en investissements, en créations d’emplois, et finalement en bien-être pour tous. Ce sont des balivernes. Comme si l’ISF, et plus en général les impôts payés par les entreprises ou les classes aisées avaient empêché les profits d’exploser, les dividendes de rentrer et plus généralement les fortunes de gonfler, sans se transformer en investissement productif !

La bourgeoisie a toujours considéré qu’elle ne devait pas payer d’impôts pour le fonctionnement de la société, et en particulier pour les services publics utiles à la population. À ses yeux, ceux qui doivent payer des impôts sont les travailleurs, les petits commerçants ou les artisans. Et c’est avec cet argent que les caisses de l’État subventionnent par mille canaux et par dizaines de milliards les capitalistes aux dépens entre autres des services publics.

Ce n’est pas nouveau et Macron n’a pas inventé la poudre en prétendant que des riches comblés rendraient les pauvres heureux. En revanche, il pourrait parvenir à mettre le feu aux poudres, tant sa politique est en évidence en faveur des plus riches et rien que pour les plus riches.

Boris SAVIN