Héméra Holiday Inn – Clichy : en grève contre les mutations

25 Octobre 2017

Une partie des agents de nettoyage de l’hôtel 4 étoiles Holiday Inn de Clichy sont en grève depuis le 19 octobre, soutenus par la CNT.

La colère a éclaté lors de l’annonce de la mutation d’une de leurs camarades vers un autre site : il s’agit pour leur patron, l’entreprise Héméra, de briser la cohésion de cette équipe qui se connaît depuis des années, afin d’imposer une aggravation de l’exploitation.

Héméra a repris le 19 décembre 2016 le contrat de sous-traitance des 35 femmes de chambre et plongeurs de l’hôtel, auparavant employés par l’entreprise PEI. L’accord de site incluait alors le paiement à la journée et deux jours de repos consécutifs par semaine. À présent, le nombre de chambres à nettoyer dépend d’un planning journalier impossible à tenir, et une partie de l’effectif est à temps partiel. Les travailleurs sont appelés six jours par semaine en cas d’affluence, et dans le cas inverse, on leur impose des jours non travaillés et non payés. Les heures non payées imposées pour finir le travail sont très fréquentes. De fait, la paie est à la tâche.

L’hôtel Holiday Inn est une franchise du 3e groupe hôtelier mondial, Intercontinental Hotels. Sa direction se défausse sur l’entreprise Héméra, comme tous les donneurs d’ordres qui jouent la concurrence entre sous-traitants pour accroître leurs profits.

Environ un tiers des employés du ménage sont en grève. Pour briser celle-ci, leur patron envoie des agents d’autres sites, encadrés par des « gros bras ». Mais le piquet fait un tel bruit de casseroles qu’un séminaire prévu dans l’hôtel a été annulé, et la fréquentation du restaurant aurait baissé. Les témoignages de solidarité d’autres salariés de l’hôtel, de clients et de passants sont fréquents.

La direction d’Héméra a tenté de convoquer les grévistes pour négocier au siège, à Cesson, en Seine-et-Marne ; mais ceux-ci l’ont obligée à venir sur le lieu de la grève. Un rassemblement de soutien organisé par la CNT et la CGT devait avoir lieu le 26 octobre devant l’hôtel. Les grévistes sont déterminés à imposer l’annulation des mutations, le respect de l’accord de site précédent, et l’alignement de leurs conditions salariales sur celles des employés de l’hôtel.

Correspondant LO