Gattaz : hors contrôle

25 Octobre 2017

Lors de l’ouverture des négociations sur l’assurance chômage, Gattaz, le dirigeant du Medef, a proposé un contrôle des chômeurs, « journalier ou hebdomadaire », estimant qu’« il faut que le système soit incitatif à la reprise d’emploi » et non pas qu’« il donne un confort fictif ».

Dans cette diatribe, Gattaz a aussi pris l’exemple du Canada où, selon lui, lorsque « les personnes partent en vacances », elles ne perçoivent plus d’allocation. Tous ceux qui, demandeurs d’emploi, travailleurs en intérim, CDD ou autres, se battent quotidiennement pour trouver un travail leur permettant de joindre les deux bouts, apprécieront.

Cette provocation a suscité un tel tollé que de nombreux politiciens ont tenu à s’en démarquer. Même au gouvernement, où Bruno Le Maire, l’actuel ministre des Finances, estime hypocritement aujourd’hui qu’il est « impensable d’organiser le flicage journalier des chômeurs », alors qu’il y a tout juste un an, pendant la primaire de la droite, il prônait la baisse des allocations chômage et le raccourcissement de la durée d’indemnisation. Mais il n’y a pas à douter que, s’ils en ont l’opportunité, tous ces bonimenteurs appliqueront à la lettre les recettes prônées par le patron du Medef.

Sauf si, après les « fainéants » et autres macroneries, cette provocation de Gattaz ou une autre finit par provoquer chez les travailleurs la réaction qu’elle mérite.

J.L.G.