Maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis) : menacée pour cause d'austérité

29 Juin 2011

La maternité des Lilas en Seine-Saint-Denis, qui assure 1 700 accouchements et 1 200 IVG par an, est menacée par la politique d'austérité du gouvernement. Depuis son ouverture en 1964 elle a été à la pointe de tous les combats, pour l'accouchement sans douleur ou le droit à la contraception et à l'avortement. En 1976 déjà elle avait été menacée de fermeture, les autorités de l'époque ne la jugeant pas assez rentable.

Aujourd'hui l'Agence régionale de santé (ARS) vient de remettre en cause tous les projets d'agrandissement et de rénovation de cette maternité, dont les locaux n'avaient pas changé depuis 1964. Les capacités d'accueil étant devenues nettement insuffisantes, des travaux s'imposaient et depuis 2007 un projet de construction d'une nouvelle structure sur un terrain proche de la maternité actuelle avait été élaboré. Dans cette maternité agrandie (5 400 mètres carrés au lieu des 1 800 actuels) et modernisée, 2 500 accouchements devaient être réalisés chaque année.

Les travaux devaient commencer en septembre 2011 mais avec cette décision de l'ARS tout est arrêté. Au-delà de ce gel des travaux, c'est l'existence même de cette maternité de proximité qui est en cause, le délégué de l'ARS disant même que « la reconstruction d'une maternité isolée serait une grave erreur ». Pour l'ARS et le ministère de la Santé, l'heure est aux regroupements en pôles hospitaliers censés permettre plus de rentabilité, notamment en réduisant le personnel. Mais sous prétexte de rentabilité, comme le montre une étude de 2007 de la Direction de la recherche et des études du ministère de la Santé, désormais 200 000 femmes sont à plus de 45 minutes par la route d'une maternité et 600 000 femmes sont à une heure et demie d'une maternité capable de prendre en charge une grossesse à risque.

À l'annonce de la décision de l'ARS un collectif de soutien à la maternité des Lilas s'est créé et a lancé une pétition qui a recueilli plus de 1 500 signatures depuis le début du mois de juin. D'autres étapes sont prévues pour empêcher sa fermeture, et pour que vive la maternité des Lilas.

Correspondant LO