Lactalis s'attaque à Parmalat : une guerre du lait financée par les petits producteurs et les salariés des trusts laitiers

04 Mai 2011

Au moment où Sarkozy allait rendre une petite visite à son alter ego Berlusconi, on apprenait que le groupe français Lactalis lançait une offre publique d'achat (OPA) de 3,3 milliards d'euros contre le groupe italien Parmalat.

Le groupe Lactalis est un groupe familial né en 1933 ; il s'appelait alors la Société des camemberts Besnier. Il est devenu Lactalis en 1999. Entre-temps, il a lancé en 1968 les fromages Président puis le lait Lactel en 1985, racheté Bridel et Lanquetot en 1990, le roquefort Société et la feta Salakis en 1992. En 2006, il s'est emparé d'une entreprise italienne spécialisée dans la mozzarella (Galbani) et a établi un partenariat avec Nestlé dans les produits laitiers frais (La Laitière).

La presse boursière explique que le maître d'ouvre de cette politique conquérante est l'héritier du groupe, Émmanuel Besnier, à sa tête depuis onze ans. Un homme qui ne parle pas à la presse et est concentré sur l'élargissement de son empire, dont il veut faire le « premier acteur mondial dans le lait ». La famille Besnier contrôle à 100 % l'entreprise et utilise ses profits pour arrondir son empire.

Le succès éventuel de cette OPA ferait oublier son échec l'an dernier à racheter Yoplait et lui ouvrirait des marchés en Australie, au Canada et en Afrique du Sud, des pays où Parmalat détient le quart du marché. Lactalis atteindrait alors un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros, avec 50 000 employés, à trois milliards seulement des résultats de son concurrent Danone.

Les succès de la famille Besnier dans la guerre du lait excitent les spéculateurs en quête d'actions qui rapportent gros, mais ne sourient pas aux petits producteurs de lait, qui fournissent les munitions de cette guerre économique. Il y a moins d'un an leur colère était telle qu'ils dénonçaient un prix d'achat du lait qui ne leur permettait pas de vivre décemment et acculait certains d'entre eux à la faillite.

Il y a effectivement de quoi bouillir !

Jacques FONTENOY