Scandales alimentaires : les récidivistes13/04/20222022Journal/medias/journalnumero/images/2022/04/2802.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Scandales alimentaires : les récidivistes

En plus des rappels de pizzas Buitoni et de chocolats Kinder, ce sont des fromages produits par les Fromageries de Normandie du groupe Lactalis qui ont été soupçonnés de contamination à la listeria, une bactérie qui peut être mortelle.

Lundi 4 avril, il s’agissait des coulommiers et des bries de marque Normanville et Graindorge et d’un coulommiers Franprix. Mais quatre jours plus tard, le groupe Lactalis a dû élargir l’alerte à 24 000 produits, qui ont été rappelés… s’ils n’ont pas déjà été mangés entre-temps. La faute est rejetée sur un des producteurs qui fournissaient Lactalis en lait cru. En ­réalité, le groupe n’en est pas à sa première affaire. En 2017 déjà, un scandale avait éclaté, car du lait vendu par Lactalis était contaminé à la salmonelle. Des nourrissons déshydratés avaient été hospitalisés. L’usine de Craon, mise en cause, avait fermé pour décontamination en décembre 2017, alors que des prélèvements avaient déjà détecté la présence des bactéries depuis des mois. Depuis, des centaines de victimes ont porté plainte contre Lactalis mais il n’y a toujours pas de procès en vue.

Pendant ce temps, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les rappels de produits entraînant des risques d’intoxication parfois grave se poursuivent et sont même bien plus fréquents que les scandales révélés dans l’actualité. Car c’est bien la logique du profit qui mène à des économies parfois criminelles. Le site de rappel du gouvernement français signale pas moins de 4 377 références alimentaires non conformes ou dangereuses répertoriées depuis mars 2021, et c’est sans doute une goutte d’eau dans l’océan des problèmes sanitaires et d’hygiène dans l’industrie. L’essentiel des contrôles est réalisé par les entreprises elle-mêmes, et l’insuffisance des contrôles extérieurs est régulièrement dénoncée par les associations.

Les mieux à même de contrôler réellement la qualité de la production seraient les travailleurs de ces entreprises. Cela voudrait dire commencer par mettre fin au secret industriel et aux menaces de licenciement qui pèsent sur les salariés qui oseraient dire la vérité sur les conditions de production qu’ils constatent.

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