Chômage : fausse baisse et satisfaction indécente

06 Avril 2022

Macron a affirmé en conférence de presse qu’il vise le plein emploi dans le prochain quinquennat et a déjà obtenu une baisse historique du chômage.

Celui-ci serait au plus bas depuis 2008, et même depuis quarante ans concernant les jeunes. À sa suite, plusieurs ministres se congratulent et parlent même de fin du chômage !

Ces déclarations sont indécentes. Même dans l’estimation très restrictive du taux de chômage par le Bureau international du travail, celui-ci atteint près de 8 % de la population et 20 % des jeunes.

Les chiffres d’inscrits à Pôle emploi sont, quant à eux, accablants. 3,1 millions sont inscrits au titre de la catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité et immédiatement disponibles. Ils étaient deux millions en 2008. 5,3 millions sont en catégorie A, B, C, incluant ceux qui ont une activité partielle : ils étaient environ trois millions en 2008. Et, toutes catégories confondues, 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi en France métropolitaine. Elles étaient 3,4 millions en 2008.

De plus, si des jeunes ne sont plus comptabilisés dans le chômage, c’est en partie à cause de l’explosion du nombre d’autoentrepreneurs en grande précarité. 1,1 million de microentreprises ont ainsi été créées en 2021. Le revenu y est de l’ordre de 590 euros par mois pour les travailleurs à la tâche.

Une autre explication de la sortie des jeunes des chiffres du chômage est le nombre des contrats par alternance, qui ont explosé sous Macron, offrant au patronat une main-d’œuvre largement financée par l’État. Mais pour les jeunes, la fin du contrat signifie souvent la fin de leur emploi et le retour à la case départ.

Supprimer le chômage, oui, c’est possible. Il faut pour cela répartir le travail entre tous, sans baisse de salaire. C’est l’inverse de la politique de Macron.

Christian BERNAC