Handicap : la dignité selon Macron

05 Janvier 2022

Lors de ses vœux du 31 décembre, Macron s’est entre autres félicité de l’action de son gouvernement en faveur des personnes en situation de handicap, osant prétendre qu’il avait « investi pour défendre leur dignité ».

Des propos révoltants pour toutes celles et tous ceux qui se débattent pour survivre avec l’allocation adulte handicapé (AAH), dont le montant maximum s’établit à 903 euros ! « La dignité, quand on doit compter chaque sou pour boucler le mois, ça n’existe pas », a réagi une militante associative, atteinte d’une polyarthrite rhumatoïde qui l’empêche de travailler. Les médicaments et les soins, étant de moins en moins bien remboursés, coûtent cher : est-ce digne lorsqu’on doit choisir entre se soigner et se nourrir correctement ?

Non seulement le gouvernement n’a rien investi, mais il a refusé d’accorder l’individualisation de l’AAH, c’est-à-dire le fait de ne plus prendre en compte les revenus du conjoint pour en calculer le montant, individualisation réclamée depuis des mois par les associations et les personnes handicapées.

À la place, il promet un abattement forfaitaire sur les revenus du conjoint, avec une majoration par enfant, qui « permettra à 120 000 couples modestes de toucher 110 euros de plus ». C’est une très faible minorité, sur les 1,2 million de bénéficiaires de l’AAH, et surtout cela ne supprimera pas la dépendance vis-à-vis du conjoint !

Les personnes handicapées exigent à juste raison de pouvoir conserver leur – bien maigre – autonomie financière, qu’elles soient célibataires ou en couple. Elles soulignent également que les femmes en situation de handicap victimes de violences conjugales sont encore plus exposées à un bourreau dont elles sont ainsi rendues prisonnières.

Le gouvernement fait la sourde oreille à ces demandes, et pour cause ! Il ne veut pas ouvrir la porte aux mêmes revendications pour les autres minima sociaux, puisque aucun n’est déconjugalisé et qu’une personne peut ne pas toucher le RSA, ou le voir fortement diminué, en fonction des revenus du conjoint.

Une société digne devrait au moins donner à chacun les moyens de vivre correctement et de manière autonome, lorsqu’il est privé de travail. Tout l’inverse des priorités de Macron.

Nadia CANTALE