Mélenchon, Hidalgo, Montebourg : à la recherche de l’électorat perdu

15 Septembre 2021

Après Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg, la déclaration de candidature d’Anne Hidalgo à l’élection présidentielle, le 12 septembre, complète l’offre estampillée « maison Mitterrand et successeurs, spécialité de promesses électorales à l’usage des classes populaires, certifiée de gauche depuis 1971 ».

Tous les trois prétendent reconquérir l’électorat populaire et voudraient présenter pour cela un catalogue social. Mélenchon parle de porter le salaire minimum à 1400 euros net et de confisquer 50 milliards de profits financiers réalisés durant la crise sanitaire. Hidalgo prévoit une hausse des salaires de 15 %, plus encore pour les soignants et jusqu’au doublement de celui des enseignants, histoire de récupérer le terrain perdu dans les salles des professeurs. Montebourg promet quant à lui le paradis à condition de se claquemurer derrière les frontières et les douanes, parvenant à faire passer ce discours réactionnaire pour le dernier cri du républicanisme de gauche.

À l’aune des problèmes actuels et futurs des travailleurs, ces promesses sont dérisoires. Le monde entier s’enfonce dans la crise, les guerres et les catastrophes ; les attaques se multiplient contre les classes populaires, les bidonvilles fleurissent à nouveau dans les villes, une fraction croissante de la population a la tête sous l’eau, les préjugés réactionnaires, la violence gratuite, la délinquance, le fanatisme religieux font des ravages et la gauche de gouvernement se contente d’avancer péniblement quelques aumônes…

Mais surtout chacun sait, y compris leurs éventuels électeurs, que ces propositions ne sont que des phrases visant à les départager et certainement pas un programme de gouvernement. L’expérience a suffisamment montré que, arrivés au pouvoir, ces beaux parleurs feront là où le grand patronat leur dira de faire. Les nouveaux candidats, qui sont d’ailleurs des politiciens blanchis sous le harnais, ne feront pas mieux que les anciens, de Mitterrand à Hollande en passant par Jospin.

L’improbable victoire de l’un d’entre eux ne ferait que rééditer les précédents passages de la gauche aux affaires. À chacun de ces passages les promesses électorales faites aux travailleurs ont été trahies pendant que les attaques antiouvrières et les cadeaux aux capitalistes continuaient. Cela s’est traduit par le découragement de bien des militants ouvriers, le dégoût de nombre d’électeurs et la progression des préjugés et des voix réactionnaires, de l’extrême droite nationaliste aux islamistes. C’est par sa propre politique que la gauche a perdu son électorat !

Cela n’empêche nullement Hidalgo, Mélenchon, Montebourg et autres de reproposer le même ragoût, les yeux fixés sur leurs objectifs réels qui sont le partage des circonscriptions législatives et les postes de ministre, député, maire, chef de parti ou tout autre fonction offerte aux marionnettes démocratiques.

Gagnant, placé ou non partant, le tiercé Montebourg, Hidalgo, Mélenchon ne résoudra pas plus les problèmes des travailleurs que celui qui se court à Auteuil.

Paul GALOIS