Dassault : de bonnes affaires, à quel prix ?

15 Septembre 2021

Dassault Aviation et sa chargée de mission, Florence Parly, par ailleurs ministre des Armées, ont annoncé la vente de six avions Rafale supplémentaires à la Grèce.

Cet État, engagé dans une course aux armements et aux déclarations belliqueuses avec son voisin turc, en avait déjà commandé 18. La France et la ministre auront tout fait pour faciliter le contrat. Visites d’État, démonstrations effectuées par l’Armée de l’air et la marine, facilités de paiement, engagement des banques françaises, rien n’est trop beau ni trop cher lorsqu’il s’agit des affaires de Dassault. Le Rafale neuf étant hors de prix, le premier contrat portait sur 12 avions d’occasion, obligeamment fournis par l’armée de l’Air, qui en rachètera d’autres, et six neufs. Le tout se montait quand même à 2,5 milliards d’euros.

Ce premier marché, conclu par un pays qui n’a surmonté la faillite qu’en pressurant la population et détruisant les services publics, était déjà scandaleux. Le ­deuxième, après un été qui vit les pompiers grecs sous-équipés périr en combattant les incendies et en suppliant l’État de leur fournir des moyens aériens, l’est d’autant plus.

Mais que dire des financiers et des marchands d’armes français, comment qualifier l’État qui les défend et organise leurs affaires ? Non contents de contribuer à ruiner les travailleurs grecs, ils poussent de fait à la guerre en commercialisant leurs machines à tuer, avions, missiles et bientôt frégates.

Paul GALOIS