Contraception : les mesquineries du gouvernement

15 Septembre 2021

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé le 9 septembre l’extension jusqu’à l’âge de 25 ans de la gratuité d’une partie des moyens de contraception.

Ce remboursement à 100 % par l’Assurance maladie s’appliquera aux pilules de première et de deuxième génération, aux dispositifs intra-utérins (« stérilets »), aux implants hormonaux et à la « pilule du lendemain », ainsi qu’aux consultations médicales préalables. Il s’agit d’une extension de ce qui était en vigueur auparavant jusqu’à 18 ans. C’est évidemment une bonne nouvelle pour de nombreuses jeunes femmes pour qui la contraception représente un poids financier non négligeable.

Mais cette annonce de Véran frappe également par sa mesquinerie. Le problème financier ne disparaît pas miraculeusement à 26 ans. La contraception gratuite pour toutes les femmes qui le souhaitent, quel que soit leur âge, devrait être une évidence. Et ce n’est toujours pas le cas, plus de 50 ans après la légalisation de la pilule.

D’autre part, cette prise en charge à 100 % ne s’appliquera pas aux pilules de troisième et de quatrième génération qui représentent plus de 30 % des pilules prescrites. Le Planning familial, plus proche des réalités que Véran, revendique l’extension de la gratuité à tous les moyens de contraception.

Par ailleurs, face aux annonces du ministre, l’association soulève la question de l’accès. Il faut parfois aller loin pour trouver un centre ou un médecin délivrant une contraception gratuite et anonyme, en particulier en dehors des villes. Mais remédier à cela est exactement à l’opposé de la politique de coupes budgétaires dans la santé.

Thomas Baumer