Violences contre les femmes : deux ans de bla-bla

08 Septembre 2021

Lors d’un déplacement vendredi 3 septembre, le Premier ministre a fait le bilan du Grenelle de la lutte contre les violences faites aux femmes, censée constituer la « grande cause du quinquennat ».

Castex s’est félicité de ce que 75 % des mesures adoptées ont été réalisées. Mais ce sont les moins coûteuses, se limitant souvent à des effets d’affichage, qui ont été mises en place, comme un numéro d’urgence accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 – ce qui est tout de même la moindre des choses –, la distribution de 245 bracelets antirapprochement, qui détectent si un conjoint violent s’approche trop près de celle qu’il a menacée, ou la signature prochaine d’une charte pour combattre le sexisme parmi les chauffeurs de VTC.

En revanche, les moyens manquent toujours pour ce qui est primordial, notamment l’hébergement et la mise à l’abri des femmes, la prise en charge des enfants, le suivi des hommes violents. Comme le dit la Fondation des femmes, la lutte est menée « avec des bouts de ficelle », alors que 220 000 d’entre elles sont victimes chaque année de violences conjugales, que 93 000 sont victimes de viols ou de tentatives de viol, et que 77 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année – et 102 l’année dernière. De plus, les confinements ont largement aggravé le phénomène : les appels reçus pendant la période ont été multipliés par quatre, les violences intrafamiliales ont augmenté de 20 %.

Dans ce domaine comme dans bien d’autres, la politique du gouvernement a plutôt été dans le sens d’aggraver la situation, en réduisant les moyens de ceux qui aident véritablement les femmes victimes de violence.

Camille PAGLIERI