Italie : Stellantis menace 12 000 emplois

08 Septembre 2021

Les salariés des usines Stellantis d’Italie (résultant de la fusion Fiat-Chrysler et PSA) ont au retour des congés été accueillis par des annonces de fermeture de certains sites, officiellement en raison de la crise de fourniture des semi-conducteurs.

Les ouvriers de l’usine de Melfi, anciennement Fiat, ont ainsi vu leur rentrée repoussée du 6 au 13 septembre. Et encore, les ateliers pourraient ne tourner que cinq ou six jours sur l’ensemble du mois. Produisant plus de la moitié des voitures du groupe en Italie, les 7 200 travailleurs de Melfi sont, comme leurs camarades des autres usines, sous la menace d’un plan de suppression d’emplois.

Dans un document, non encore rendu public mais révélé dans la presse, la direction de Stellantis a précisé son intention de supprimer près du cinquième des effectifs actuels de ses neuf usines italiennes. Les emplois de 7 000 ouvriers et 5 000 employés, techniciens, et ingénieurs seraient supprimés, sur les 66 000 que compte le groupe dans le pays.

Le PDG Carlos Tavares et le président John Elkann, descendant de la famille Agnelli, ont calculé leur coup. Ils ont déjà obtenu en juillet auprès d’un ensemble de 29 banques une ligne de crédit de 12 milliards d’euros. Cela leur permettra de rembourser le précédent prêt de 6,5 milliards à un faible taux d’intérêt qui avait été garanti par l’État, mais assorti de certaines clauses, certes peu contraignantes mais écrites, comme l’engagement à ne pas procéder à des suppressions d’emplois et à investir dans le pays et non dans des filiales.

Cet emprunt ayant été remboursé, le PDG et le président italien de Stellantis se sentent donc les coudées franches, dégagés qu’ils sont de leur précédente signature. Mais du gouvernement Draghi, tout dévoué à leurs intérêts, ils n’ont pas à attendre autre chose que des critiques de pure forme. Les 66 000 salariés de leurs usines d’Italie, sans compter les milliers d’autres dans le monde et tous ceux de la sous-traitance, auront à contrer cette attaque.

Viviane LAFONT