Imprimerie Charente Libre : en grève contre la fermeture

14 Juillet 2021

Mardi 6 juillet, le quotidien Charente Libre n’a pas paru.

La plus grande partie des salariés ont fait grève contre l’annonce faite par le directeur au conseil social et économique (CSE) du groupe Sud-Ouest, propriétaire du journal, qui veut fermer l’imprimerie d’Angoulême en 2022, menaçant plus d’une vingtaine d’emplois.

Le contenu rédactionnel serait envoyé et imprimé à Bordeaux, puis les exemplaires acheminés quotidiennement par trois camions à Angoulême. Il en irait de même d’ici 2023 pour le quotidien République des Pyrénées à Pau, aussi propriété du groupe Sud-Ouest.

Le directeur argue de la baisse des ventes du journal papier et des recettes publicitaires, disant que « trois imprimeries (Angoulême, Bordeaux, Pau), c’est trop », et prétextant une « forte dégradation des indicateurs financiers, conduisant à des pertes d’ici quatre ou cinq ans ». C’est une allégation biaisée, alors même qu’actuellement le groupe est notoirement bénéficiaire.

Quant aux travailleurs, on leur propose soit des licenciements négociés, soit une mutation à Bordeaux – d’autant plus inacceptable, dit un syndicaliste, que beaucoup ont dépassé la cinquantaine, ont leur famille et une maison sur place.

Pourquoi la précipitation dans cette décision ? Le directeur ne cache pas qu’elle découle « des délais très courts imposés par le gouvernement pour bénéficier d’aides dans le cadre du plan de restructuration des imprimeries des journaux ». En somme, le groupe Sud-Ouest veut gagner davantage en se débarrassant des travailleurs et en plus empocher pour cela l’argent de l’État !

Ce plan scandaleux contre l’emploi des salariés doit être mis en échec. Le groupe Sud-Ouest a de l’argent et, si la charge de travail diminue, il faut la répartir en préservant l’emploi et les salaires.

Correspondant LO