Fonction publique : des attaques convergentes

16 Juin 2021

Le 15 juin les salariés des trois fonctions publiques ont participé à de nombreux rassemblements à l’appel de la CGT, de la FSU et de quelques autres syndicats.

Depuis des semaines, différentes catégories de personnels de la santé, des structures hospitalières ou du médico-social manifestent leur mécontentement. Ce 15 juin a été l’occasion de faire entendre leurs revendications communes, alors que le gouvernement s’estime quitte avec une augmentation de 180 euros versée uniquement à certains.

Dans les collectivités territoriales, les exécutifs les uns après les autres remettent en cause des jours de congé accordés aux travailleurs en invoquant la durée de 1607 heures fixée par la loi de transformation de la fonction publique. Cette loi d’août 2019 concentre une série d’attaques qui ressemblent à celles qui ont été imposées dans le privé. Dans un contexte de suppressions massives de postes dans plusieurs secteurs du public, elle permet de fait les licenciements de fonctionnaires et renforce la précarité. Comme la loi le stipule, « la majorité des emplois permanents peuvent dorénavant être occupés par des contractuels ». En 2017 déjà, au minimum un agent sur sept était contractuel, soit 15 %. Aujourd’hui, ce pourcentage atteint plus d’un quart du personnel dans certains secteurs. Certains métiers, comme celui d’AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), ont été conçus comme des emplois précaires pour une durée de trois ans, souvent à temps partiel et renouvelables une fois avant une éventuelle transformation du contrat en CDI. Des contrats de mission sont mis en place, des contrats de projet qui peuvent être renouvelés mais à l’issue desquels aucune embauche en CDI n’est autorisée.

L’objectif est aussi d’individualiser les salaires bloqués depuis dix ans, en introduisant les quelques augmentations prévues au mérite. Précarité, salaire à la tête du client tendent à donner plus de poids aux directions pour démanteler des services, gérer les départs, les mutations et le manque chronique de personnel.

Si cette loi a été l’œuvre du gouvernement Macron, elle a été préparée par l’ensemble des gouvernements précédents. Au fond, les travailleurs du public sont ainsi mis à la même enseigne que ceux du privé, soumis aux mêmes attaques. Une raison de plus pour y riposter tous ensemble.

Inès Rabah