Éducation : moins de discours et plus d’embauches !

27 Janvier 2021

Le 26 janvier, les syndicat FSU, CGT Éduc’action, Force ouvrière et Sud Éducation appelaient à une grève pour exiger des créations de postes et une revalorisation des salaires.

Le SNUipp, principal syndicat dans l’enseignement primaire, expliquait dans une lettre aux parents, les raisons de la grève en indiquant que « le gouvernement devrait faire le choix d’un recrutement massif de professeurs pour améliorer la qualité d’apprentissage des élèves, mais aussi pour limiter les risques sanitaires en réduisant la taille des classes ». Selon ce syndicat, un enseignant sur trois était en grève dans le premier degré. Partout en France se sont déroulées des manifestations dynamiques.

Dans les écoles maternelles et primaires, au niveau national, il faudrait en effet créer au minimum 3 200 postes pour assurer les absences non remplacées. Le gouvernement avait annoncé qu’il n’y aurait pas plus de 24 élèves dans les classes de grande section de maternelle, de cours préparatoire et de CE1. Mais les moyens alloués ne l’ont jamais permis. De plus comme cette dernière mesure, le dédoublement des classes sans les moyens qui vont avec, contribue à surcharger les classes des autres niveaux. Dans l’académie de Créteil, toujours dans le premier degré, la dotation est insuffisante pour créer des postes d’adjoints, d’enseignants spécialisés, de remplaçants. Et dans nombre de communes parents et enseignants craignent la fermeture d’une classe, et même celle de l’école. Il suffit en effet que les effectifs d’une classe soient jugés trop faibles à la rentrée pour qu’elle soit fermée.

Dans le second degré, il n’est pas davantage question d’embaucher massivement. Dans l’académie de Créteil, pour ne prendre que cet exemple, malgré une augmentation prévue du nombre d’élèves de 1,5 %, 86 postes seront supprimés. Ces postes seront remplacés par 2 502 heures supplémentaires : cela signifie moins de personnel et une charge de travail accrue !

Des dizaines de milliers de jeunes se retrouvent dans des conditions plus difficiles pour apprendre du fait des mois de confinement. Mais il manque des enseignants pour assurer les cours en petits groupes, pour remplacer le personnel malade. Il manque des infirmières, du personnel pour nettoyer les locaux le plus souvent possible, pour organiser le service à la cantine en toute sécurité du point de vue sanitaire. Il manque enfin des locaux.

Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, ne cesse de proclamer dans les médias que l’école est sa priorité absolue. Mais le moins qu’on puisse dire est que le budget 2021 montre tout à fait le contraire.

Aline RETESSE