Pauvreté : le virus du profit responsable

14 Octobre 2020

D’après la Banque mondiale, la misère explose dans le monde avec 150 millions de travailleurs supplémentaires vivant avec moins de 1,9 dollar par jour. Pour elle, ce serait principalement dû au Coronavirus. Pourtant, si celui-ci rend malade et tue, ce n’est pas lui qui rend plus pauvre.

Certes, avec l’épidémie, l’activité économique a baissé et il y a moins de travail. Mais il n’y aucune fatalité à ce que cela plonge les travailleurs dans le chômage et la misère. Dans une société communiste qui serait basée sur les besoins de la population, dans de telles situations difficiles où l’on travaillerait tous moins, il suffirait de prendre sur les réserves créées dans les périodes précédentes par le travail humain, pour donner le maximum de moyens à la société et s’assurer que tout le monde s’en sorte.

Mais dans cette société capitaliste, ces réserves sont accaparées par les propriétaires des banques et des grandes entreprises, qui s’en servent principalement dans la spéculation et à la satisfaction de leurs caprices personnels. Pour ces gros actionnaires, faire du profit, c’est prioritaire sur tout le reste. Alors, face à la crise économique aggravée par l’épidémie, ils ont cherché tous les moyens de sauver leurs profits. Ils licencient à tour de bras, ferment des entreprises, font exploser le chômage, diminuent les salaires, augmentent les cadences, développent la précarité.

L’exploitation a atteint un tel niveau que nombre d’entre eux ont réussi à augmenter leur fortune depuis le début de l’épidémie alors que la société crée moins de richesses. D’après la banque suisse UBS, le nombre de milliardaires s’est ainsi accru, atteignant actuellement dans le monde le nombre de 2 189. Ceux-ci accumulent à eux seuls 10 200 milliards de dollars, soit une somme en augmentation de 15 % depuis 2018. Avec 50 % d’augmentation, les patrons des grandes entreprises du secteur de la santé figurent parmi ceux qui se sont le plus engraissés. Il y a là tout un symbole du parasitisme croissant de la bourgeoisie.

Le président de la Banque mondiale a déclaré que cette hausse vertigineuse des inégalités était « une menace pour le maintien de l’ordre social et de la stabilité politique ». En effet, des explosions sociales pourraient se produire, mais alors il faudra que les travailleurs ne cherchent pas à renverser seulement les pantins que sont les dirigeants politiques, mais aussi les vrais responsables que sont les capitalistes.

Arnaud LOUVET