Faillites des entreprises : au capitalisme de déposer le bilan

02 Septembre 2020

Tout le monde s’attend, dans les semaines qui viennent, à l’explosion du nombre des dépôts de bilan. Très souvent, ils débouchent sur la liquidation accélérée des entreprises avec le licenciement des salariés.

En effet, après une période de gel décidée en mars par le gouvernement, les choses ont changé depuis le 24 août. Toutes les entreprises ont désormais quarante-cinq jours pour payer ce qu’elles doivent à leurs fournisseurs. À défaut, elles doivent se tourner vers le tribunal de commerce qui les déclarera en défaut de paiement et donc en dépôt de bilan. Au mieux, avant la liquidation totale, un administrateur judiciaire sera nommé pour estimer si la société est viable.

Avant les vacances, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) prédisait une augmentation de 80 % des défaillances d’entreprises, avec au moins 250 000 nouveaux licenciements à la clé.

Les premières à s’inquiéter sont les banques françaises, dont 1 200 milliards d’euros d’emprunts contractés par les entreprises risquent de s’envoler en fumée. L’État, lui, n’a garanti pour l’instant que 110 milliards de prêts à 540 000 entreprises. Quant aux propriétaires de ces entreprises, les plus petits peuvent y perdre leurs moyens de vivre mais, les biens personnels des patrons de quelque importance ne seront en principe pas concernés. S’ils ont des réserves accumulées grâce au travail de leurs salariés, personne n’y touchera. Pour les plus gros, le gouvernement a ouvert la voie à toutes les escroqueries possibles, en autorisant ce qui était interdit jusque-là : ainsi, le propriétaire qui a déclaré sa société en dépôt de bilan peut, pour quelques sous, voire pour rien, se porter à nouveau acquéreur de celle-ci, débarrassée de toutes les dettes.

Comme toujours, les principales victimes des conséquences de cette crise, de ces faillites, seront les travailleurs, d’abord les salariés en contrats précaires, CDD ou intérim, puis tous les autres. Les travailleurs n’ont pas à accepter d’être sacrifiés pour sauver l’économie, c’est-à-dire en réalité pour permettre au système capitaliste, aberrant et dangereux pour toute l’humanité, de se survivre.

Paul SOREL