Masques obligatoires : le patronat exonéré

26 Août 2020

Le port du masque sera donc obligatoire sur tous les lieux de travail à partir du 1er septembre. La ministre du Travail Élisabeth Borne présente cette mesure comme nécessaire à la reprise de la production et à la non-reprise de l’épidémie.

Tout en assurant au patronat qu’il pourra y avoir des dérogations, la ministre tient à prévenir les salariés que le défaut de masque pourra être sanctionné, jusqu’au licenciement. Elle désigne ainsi les travailleurs comme responsables d’une éventuelle transmission du virus.

À l’inverse, les employeurs qui refusaient de prendre des mesures, qui ne fournissaient ni gel, ni masque, ni temps pour les utiliser, n’ont jamais été sanctionnés par l’administration. Les patrons des abattoirs ou d’autres sites de production qui ont continué, par souci d’économies, à faire travailler les ouvriers les uns contre les autres, n’ont pas été inquiétés, alors même que leurs entreprises étaient devenues des nids à Covid-19.

Il a même fallu des débrayages dans des entrepôts, des usines, des commerces pour contraindre le patronat à respecter un minimum de mesures de protection. On n’avait pas entendu, à l’époque, le ministère soutenir les travailleurs qui exigeaient des masques. Au contraire même, l’ensemble du patronat a été exonéré, puisque le gouvernement a tout fait pour que l’infection ne puisse pas être reconnue en maladie professionnelle, en dehors du cas du personnel soignant.

Aujourd’hui, l’obligation du masque sur les lieux de travail ressemble plus à une garantie juridique offerte aux employeurs qu’à une garantie sanitaire pour protéger les salariés. De plus, les menaces qui l’accompagnent ajoutent une arme supplémentaire à l’arsenal répressif. Ainsi, au moment où le gouvernement annonçait sa décision sur le port du masque en entreprise, des gendarmes des Alpes-Maritimes la devançaient en embarquant, menottes aux poignets, un magasinier de Carrefour dont le nez dépassait du masque.

Tous les citoyens sont égaux devant la maladie et la loi, paraît-il, mais il vaut mieux porter un masque de marque, au conseil d’administration de Carrefour, qu’un jetable de travers dans ses magasins.

Paul GALOIS