La Rochelle : le danger en pleine ville26/08/20202020Journal/medias/journalnumero/images/2020/08/2717.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

La Rochelle : le danger en pleine ville

À La Rochelle, en Charente-Maritime, deux entrepôts de nitrate d’ammonium situés dans la zone industrielle portuaire de Chef-de-Baie sont hautement explosifs.

L’un, de la société Borealis, est classé Seveso seuil haut car il stocke plus de 2 500 tonnes ; l’autre, de l’entreprise Poitou-Charentes Engrais, Seveso seuil bas, stocke plus de 350 tonnes, à côté de Borealis. La quantité exacte stockée n’est pas connue. Une association de riverains la chiffre à 6 250 tonnes minimum, soit 2,3 fois la quantité qui vient de raser Beyrouth, et 20 fois celle qui a explosé à AZF Toulouse en 2001.

Chaque semaine, deux convois ferroviaires de 1 200 tonnes traversent La Rochelle pour approvisionner Borealis et de multiples convois routiers en partent. Et la zone portuaire de Chef-de-Baie-La Pallice compte quatre autres sites Seveso seuil haut.

L’explosion de ces sites pourrait raser l’agglomération de La Rochelle. Il est aberrant de stocker ces engrais agricoles dans une agglomération. La seule raison en est économique : utiliser des infrastructures existantes, alors qu’il serait plus sûr d’ouvrir une gare de fret ferroviaire en zone rurale.

Les riverains ont raison de ne pas être rassurés par les discours officiels selon lesquels la France n’est pas le Liban, alors qu’une visite de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) en 2016 avait signalé notamment des équipements abandonnés sur le site de Borealis et des documents ne permettant pas de connaître la nature des engrais stockés. Et en 2005 un incendie avait touché une usine d’engrais classée Seveso à Parthenay (Deux-Sèvres). Les leçons de l’accident d’AZF n’ont manifestement pas été tirées.

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