Covid en entreprises : l’exploitation nuit gravement à la santé

19 Août 2020

Presque un quart des foyers de Covid se sont formés dans les entreprises. Le gouvernement a donc décidé de réunir les syndicats et les représentants patronaux pour prendre de nouvelles mesures.

Le port du masque devient ainsi obligatoire à partir du 1er septembre dans les espaces clos et les lieux partagés (salles de réunion, couloirs, etc.). Avant même de connaître les propositions en détail, les patrons en ont évoqué le coût. Le Medef s’est inquiété de mesures générales trop coercitives qui risqueraient « de réactiver les inquiétudes des salariés à l’idée de revenir sur leurs lieux de travail ». Comme s’ils avaient le choix ! Cette sollicitude cache mal la volonté de rester maître chez soi, et surtout de ne pas nuire à la productivité.

Dans de nombreuses entreprises, en particulier les grandes, les patrons ont fini par fournir du gel et des masques, mais pas le temps nécessaire au respect des gestes barrières et des distances nécessaires.

Se laver fréquemment les mains nécessite de multiplier les pauses. Nettoyer le matériel et les espaces de façon approfondie, cela signifie aussi embaucher du personnel.

Sur une chaîne, c’est la cadence décidée par le patron qui prime. Ne pas réussir à faire une opération dans les temps, c’est se retrouver au contact du travailleur suivant. Mais dans une usine d’automobile comme celle de Flins par exemple, dont Renault veut pourtant la fermeture, il n’a pas fallu longtemps pour que le rythme revienne à ce qu’il était avant le confinement, et parfois même pire. Dans les abattoirs, les ouvriers sur chaîne travaillent quasiment épaule contre épaule.

Espacer les postes, ralentir la chaîne, voire l’arrêter le temps nécessaire à chaque opération : voilà ce qu’il faudrait pour réaliser une réelle distanciation. Et les travailleurs sont très capables de calculer le temps qui leur est nécessaire.

Travailler moins vite, moins longtemps, sans réduire les salaires, cela signifie imposer des embauches et c’est indispensable pour résister aux cadences, à la charge de travail, à l’atelier comme au bureau.

Il est impossible de préserver à la fois les profits et la santé de ceux qui les créent. Pour protéger leur santé, les travailleurs devront s’en occuper eux-mêmes.

Sylvie MARÉCHAL