Camaïeu : 500 licenciements de trop !

19 Août 2020

Le 17 août, le tribunal de commerce de Lille a choisi le plan de reprise de Camaïeu par un groupe financier, la Foncière immobilière bordelaise (FIB). Ce plan prévoit la suppression en France de 487 emplois sur 3 146 et la fermeture de 123 magasins sur 634.

L’offre de reprise faite par l’actuel patron prévoyait quant à elle de supprimer une centaine d’emplois en plus. La CGT et plusieurs syndicats accusent d’ailleurs la direction d’avoir voulu le redressement judiciaire de l’entreprise pour la récupérer à moindre coût et en purgeant sa dette. Ils sont convaincus que la faillite a été organisée dès le mois de mars. Un syndicat de l’entreprise en Belgique accuse même Camaïeu France, e-mails à l’appui, d’organiser la faillite de ses filiales belge, luxembourgeoise et suisse, après avoir siphonné leurs comptes bancaires.

Ce même patron met en avant le confinement et la crise sanitaire pour expliquer les difficultés de la chaîne. Mais l’entreprise est en restructuration depuis des années car, depuis 2008, les profits servent à rembourser les fonds d’investissements auprès de qui elle est endettée. Ce sont ces mêmes fonds qui en 2018 ont racheté l’entreprise Camaïeu et l’ont amenée dans la situation actuelle, et qui la pensaient en tout cas suffisamment rentable pour vouloir continuer à l’exploiter.

Le 17 août, le tribunal a fait le constat de la faiblesse des prix de reprise, que ce soit par les anciens ou par les nouveaux actionnaires, qualifiant ces prix d’indécents. La FIB compte d’ailleurs sur un prêt garanti par l’État, qui a été jusque-là conditionné par les banques à la fermeture de 125 magasins en Pologne, Italie, Roumanie, République tchèque, Slovaquie et Hongrie, pour ne garder qu’une partie de ceux de France, de Belgique, de Suisse et du Luxembourg.

Pour ces capitalistes, la crise est une aubaine pour restructurer leurs empires et accroître leurs profits.

Pour les travailleurs de Camaïeu, ces 500 licenciements ne sont sans doute que les premiers, sans compter ceux à venir dans d’autres pays d’Europe.

Serge BENHAM