Port du masque : ça finit par coûter cher

22 Juillet 2020

Face à la multiplication des signaux de reprise de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement a rendu obligatoire le port du masque dans les lieux publics clos à partir du lundi 20 juillet, sous peine d’une amende de 135 euros.

De l’avis des médecins et épidémiologistes, la systématisation du port du masque est une mesure nécessaire. Mais, comme à son habitude, le gouvernement n’exerce sa contrainte que sur la population : les entreprises, elles, pourront « gérer au cas par cas », selon le Premier ministre Jean Castex. Pourtant, 20 % des clusters détectés depuis fin mai l’ont été dans une entreprise. Il n’est pas question non plus de rogner les profits des vendeurs de masques : le gouvernement a simplement limité le prix de vente du masque chirurgical à 95 centimes l’unité, alors qu’il en valait 10 avant l’épidémie. Cela tout en prélevant sa dîme, la TVA, au passage.

En rendant le port du masque obligatoire, le gouvernement prend en réalité une mesure qui ne lui coûte rien, au contraire, car c’est la population qui va la financer. Utiliser deux masques par jour, selon le journal Le Parisien, coûte 24 à 57 euros par personne et par mois : soit un budget supplémentaire plus que conséquent et insupportable même, pour des familles ouvrières ou populaires.

L’État aurait bien sûr les moyens de prendre en charge ce coût : pour fournir à toute la population de plus de quinze ans deux masques par jour, il ne faudrait que 612 millions d’euros par an : une somme bien inférieure aux milliards offerts par l’État aux capitalistes. Mais il n’en a jamais été question.

L’obligation du port du masque est aussi une mesure politique : elle permet au gouvernement d’apparaître comme actif dans la lutte contre l’épidémie, sans qu’il risque de se voir reprocher de restreindre l’activité économique. Cette obligation a ainsi été accompagnée d’un discours moralisateur sur le relâchement des comportements individuels, et les médias ont multiplié les reportages montrant des vacanciers trop serrés sur des plages ou dans des boîtes de nuit.

Attribuer la reprise de l’épidémie à l’inconscience de la population est un moyen de noyer la responsabilité de ceux qui gèrent et dirigent cette société, gouvernement et patronat, non seulement par leur impréparation mais par la façon dont ils ont poussé à la reprise de toute l’économie, dont l’industrie touristique, sans véritable contrainte de sécurité pour le patronat.

Claire DUNOIS