Chantiers de l’Atlantique : les travailleurs imposent l’arrêt de la production

18 Mars 2020

Mardi 17 mars, au lendemain de l’allocution présidentielle, rien (sinon des consignes sur les gestes barrières et quelques mesurettes purement de façade) n’avait été fait pour prévenir la contamination au Covid-19 aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire.

Les 3 200 salariés directs des Chantiers ainsi que les 5 000 à 6 000 sous-traitants présents sur le site devaient donc se rendre normalement au travail, dans cette fourmilière humaine que constituent les ateliers, les bureaux d’études et les bords. L’abîme entre le discours moralisateur de l’État et l’aberration de maintenir à tout prix les études et la production de paquebots de croisière sautait aux yeux de tous.

Dès les premières embauches de ce mardi, dans différents secteurs, des groupes de travailleurs se sont réunis, commentant favorablement le tract de la CGT demandant la fermeture des Chantiers et dénonçant le refus du patron. Pour nombre d’entre eux, il était hors de question d’accepter de prendre le risque d’exposer sa santé ainsi que celle de son entourage et de toute la collectivité en pénétrant sans nécessité impérative dans ces véritables bouillons de culture que sont les différents postes de travail.

En se rassemblant, ces groupes ont entraîné plus d’un millier de travailleurs de tout statut (CDI, CDD, Intérim, détachés…) et de diverses nationalités jusqu’à l’entrée principale du site, alors que d’autres restaient sur les quais d’armement dans l’attente des résultats d’une réunion convoquée en urgence entre le patron et les syndicats.

Il en est d’abord ressorti que la direction refusait toujours de fermer les Chantiers. Elle renvoyait à chaque entreprise présente sur le site, soit plusieurs centaines, la décision de continuer ou pas le travail, argument ping-pong qui aurait pu durer longtemps.

Mais au fil de la journée, alors que, solidaires et déterminés, les travailleurs ne reprenaient pas le travail, une grande partie des patrons du site ont été contraints de décider son arrêt dans les secteurs de production et les bureaux d’études, jusqu’à la fin de la semaine. La pose de jours de congés imposés sur ces journées était fermement dénoncée et devra continuer à être combattue.

Face à l’irresponsabilité sociale des patrons à laquelle le gouvernement a laissé libre cours, les travailleurs ont eux-mêmes décidé et mis en œuvre l’arrêt du travail qui a ensuite été officialisée, bien que partiellement.

Correspondant LO