Plan d’économies à la SNCF : farandole de boniments

22 Janvier 2020

Farandou, le nouveau patron de la SNCF, s’est plaint dans les médias que la grève avait entraîné un coût d’au moins un milliard d’euros.

Ce chiffre montre déjà aux cheminots que, s’ils sont très mal payés, leur travail rapporte !

Mais Farandou a donc ajouté qu’il allait devoir annoncer un plan d’économies au prochain conseil d’administration et la possible vente de filiales. Une façon de faire porter le chapeau aux grévistes.

En réalité, il ne s’agit que d’un prétexte. Son plan d’économies date d’avant la grève. Lors de son audition par le Parlement en vue de sa nomination, en octobre dernier, il avait annoncé un plan d’urgence et promettait « un plan de productivité à un niveau peut-être jamais vu » concernant l’organisation du travail et annonçant que cela se traduirait par des baisses d’emploi.

En fait, l’État a annoncé son désengagement des petites lignes jugées non rentables, et ne finance qu’une portion infime, 0,7 %, de la régénération du réseau dit structurant, imposant à la SNCF des économies drastiques. La SNCF doit donc à la fois rogner sur le service rendu aux voyageurs et tenter de faire reculer les conditions d’emploi, de salaire et de travail de l’ensemble des travailleurs du ferroviaire.

Mais, hélas pour Farandou, entre les effets d’annonce et leur mise en œuvre, il y a plus qu’un pas. Et les six semaines de grève reconductible à la SNCF qui viennent de se dérouler lui montrent qu’il aura face à lui des travailleurs déterminés.

C.B.