Le Puy-en-Velay : report du procès des gilets jaunes

22 Janvier 2020

En décembre 2018, des jets de cocktails Molotov avaient déclenché un incendie dans la préfecture de la Haute-Loire, au Puy-en-Velay. Ce 20 janvier, quatre gilets jaunes étaient dans le box des accusés, soupçonnés à tort ou à raison d’en être responsables. Trois autres prévenus, mineurs à l’époque des faits, devraient être jugés dans une autre fournée.

Pour le pouvoir, il y avait urgence à instruire ce procès et à condamner les prévenus, pour bien montrer que l’État reste maître du jeu. Les condamnations de ce genre ont fleuri depuis le mouvement des gilets jaunes, tandis que des policiers responsables de brutalités restaient, paraît-il, non identifiables.

Mais, contrairement aux souhaits du pouvoir, le procès a tourné court, grâce à la grève qui mobilise les avocats qui, comme beaucoup d’autres, rejettent la réforme des retraites.

Estimant que ce procès n’allait pas se dérouler dans des conditions sereines, les avocats des prévenus ont demandé un report du procès. Refusé par le tribunal. Ils se sont alors démis. Des avocats commis d’office les ont remplacés. Et eux aussi ont demandé un report, ne serait-ce que pour pouvoir prendre connaissance de ce qu’on reprochait aux prévenus. À en juger par les piles de dossiers filmés par les télévisions, ils avaient besoin de plusieurs jours. Mais le tribunal n’a accordé que… quelques heures. Un autre déni de justice. Mais, à son tour, la seconde équipe d’avocats a jeté l’éponge et le tribunal n’a eu d’autre choix que d’ajourner le procès au 9 mars prochain.

Jacques FONTENOY