Gaz russe : guerre commerciale en mer Baltique

22 Janvier 2020

À l’ordinaire, l’impérialisme américain prononce ses interdits de commerce, et les sanctions qui vont avec, à l’encontre d’États qu’il proclame terroristes, comme l’Iran, le Venezuela et d’autres.

Cette fois, c’est l’Allemagne ainsi que l’Union européenne et la Russie qui sont visées. Il s’agit du gazoduc en construction au fond de la mer Baltique, appelé Nord Stream. Ce gazoduc de plus de 1 200 kilomètres doit servir à livrer du gaz russe à l’Allemagne, et éventuellement à d’autres pays d’Europe occidentale, en évitant de passer par l’Ukraine avec qui la Russie est en délicatesse.

Fin décembre, Trump a promulgué une loi sanctionnant les entreprises qui participent à ce projet, pourtant presque terminé (il manque environ 200 kilomètres). Aussitôt, une entreprise suisse qui possède le plus gros navire poseur de tuyaux, œuvrant en mer Baltique, a décidé de tout arrêter, et le gazoduc est bloqué pour le moment.

La raison invoquée par les États-Unis, c’est que le projet Nord Stream va accentuer la mainmise russe sur l’Allemagne et l’Union européenne. La vraie raison, c’est que l’impérialisme américain veut en profiter pour menacer de sanctions – dont l’exclusion du marché américain – des entreprises concurrentes des siennes, notamment allemandes. Au passage, s’il peut faire un nouveau croche-pied à la Russie, pourquoi s’en priver, même si le gaz russe approvisionne d’ores et déjà, via l’Ukraine, une bonne partie de l’Europe. Et puis, il y a le GNL, gaz naturel liquéfié américain, qui commence à arriver dans les ports d’Europe. Alors, si tout cela peut lui donner un petit coup de pouce commercial…

Ainsi va l’impérialisme, et pas seulement américain !

André VICTOR