Côte d’Ivoire : mort à 14 ans

22 Janvier 2020

Le verrouillage des frontières européennes pousse même les enfants à des actes désespérés, ce que dénoncent dans le numéro du 14 janvier de leur journal Le pouvoir aux travailleurs nos camarades de l’Union africaine des travailleurs communistes internationalistes.

« Le 8 janvier au matin, le corps d’un gamin a été découvert à Paris dans l’espace conçu pour le train d’atterrissage d’un avion d’Air France en provenance d’Abidjan. Son absence avait été signalée par ses parents et des affichettes d’avis de recherche ont été confectionnées à cet effet.

Comment ce gamin de 14 ans a pu se retrouver passager clandestin dans un avion à l’aéroport de Port-Bouet, à plus de 30 km de chez lui ? Qu’est-ce qui a germé dans sa tête pour le pousser à un tel acte ? Ce qu’on sait de lui, c’est qu’il était élève en classe de 4e dans un établissement scolaire de Yopougon où il résidait avec sa famille. Il y a 115 élèves dans sa classe et ils s’assoient à quatre sur des tables-bancs prévues pour deux, malgré la double vacation. Est-ce l’envie de sortir de cette vie de misère sans espoir qui l’a poussé à prendre cette décision ?

Ce qui est sûr, c’est que la misère, le désespoir et le manque de perspectives dans nos pays poussent des dizaines de milliers de personnes à fuir chaque année vers de meilleurs horizons. Les traversées du désert, puis de la Méditerranée, font une hécatombe parmi les candidats à la migration vers l’Europe, malgré ces risques, malgré le fait qu’il faut engager de fortes sommes pour payer les passeurs. Ce gamin pensait certainement avoir trouvé un moyen peu coûteux pour aller en Europe, mais il ignorait qu’il se condamnait ainsi à une mort certaine par le froid ou par asphyxie.

Ce drame est le prétexte tout trouvé par les autorités ivoiriennes pour faire déguerpir les populations résidant aux alentours de l’aéroport. Mais elles auront beau mettre des barbelés, des caméras et des gardes armés autour de l’aéroport pour éloigner les habitants, ce n’est pas cela qui changera quoi que ce soit. C’est la misère qui pousse les gens à partir loin en Europe ou ailleurs, pour survivre et pour envoyer un peu d’aide à leurs parents plongés dans la misère quotidienne. C’est cette situation qu’il faut changer.

L’État ivoirien, loin de combattre la misère, ne fait que l’aggraver, car toute sa politique consiste à servir les intérêts de la classe des exploiteurs et des affameurs du peuple. »

Le Pouvoir aux travailleurs