Droit d’asile : toujours plus restreint

25 Septembre 2019

Depuis que Macron a déclaré devant les députés de sa majorité qu’il fallait « regarder en face » le sujet de l’immigration, il est de plus en plus question d’une nouvelle réforme du droit d’asile censée mettre fin à de prétendus abus.

Il y a un an, avec la loi « Pour une immigration maîtrisée » présentée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérard Collomb, le gouvernement avait durci les conditions d’accueil et les procédures administratives, sous prétexte d’améliorer la protection des demandeurs d’asile. Aujourd’hui, il ne prend plus ces précautions oratoires et n’hésite pas à reprendre le vocabulaire de l’extrême droite.

Dans le même esprit, le gouvernement a d’ores et déjà commencé à prendre des mesures contre les demandeurs d’asile. Ainsi, depuis le 5 septembre, la carte de paiement qui leur est attribuée ne permet plus de retirer de l’argent liquide dans des distributeurs, mais seulement de se fournir chez des commerçants équipés d’un terminal de paiement adéquat, ce qui est rarement le cas. Rappelons qu’ils ne perçoivent qu’une allocation journalière de 6,80 euros et, comme le dénonce le directeur de France Terre d’asile, cette mesure ne fera que leur rendre la vie encore plus difficile.

À travers le débat lancé sur le droit d’asile, il s’agit pour le gouvernement d’accréditer l’idée que la France serait trop généreuse avec les réfugiés. En réalité, le droit d’asile en 2018 n’a été accordé qu’à 43 000 personnes, sur les 120 000 demandes déposées. La même année, 14 800 expulsions du territoire ont eu lieu.

Avec de tels mensonges, Macron tente d’aller chasser sur les terres électorales du Rassemblement national. Du même coup, il voudrait faire oublier que son gouvernement attaque l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient français ou immigrés, avec ou sans papiers.

Gaëlle Regent