Après le 24 septembre: préparer la riposte

25 Septembre 2019

Les manifestations du 24 septembre, appelées par la CGT, Solidaires et la FSU, ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de manifestants dans le pays. À Paris, plus de 12 000 personnes ont défilé sous des banderoles syndicales, d’entreprises publiques, d’hôpitaux, de cheminots, de la RATP, d’unions locales et de quelques entreprises privées.

Ceux qui ont fait grève et manifesté ce jour ont montré leur détermination à s’opposer à la réforme des retraites que concocte le gouvernement. Tous les travailleurs, du privé comme du public, sont en effet visés. Travailler plus longtemps pour gagner largement moins, une fois en retraite, c’est la menace qui pèse sur chaque salarié. Le droit à une retraite digne a déjà été amputé par 25 ans de réformes successives. Mais avec le calcul du salaire de référence sur la carrière complète, avec l’allongement de la durée de cotisation ou l’instauration d’un âge pivot à 64 ans et d’une retraite par points, la réforme du gouvernement veut encore considérablement amputer le montant des pensions et faire reculer ainsi l’ensemble de la société.

L’épreuve de force qui s’annonce entre le monde du travail et le gouvernement Macron, ce représentant des actionnaires et des banquiers, sera déterminante, alors que le capitalisme s’enfonce dans les crises économique, commerciale, financière, climatique, et entend en faire payer les conséquences aux classes populaires.

Mais le gouvernement est aussi inquiet, car il sait justement que cette nouvelle attaque peut être celle qui suscitera une réaction d’ensemble du monde du travail. L’an passé, la hausse du prix de l’essence a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et mis en mouvement des dizaines de milliers de gilets jaunes. Cela l’a rendu plus prudent.

C’est pourquoi le gouvernement fait mine de discuter, de consulter, de recevoir les confédérations syndicales et étire le calendrier sur plusieurs mois afin de diluer les réactions.

Il est vital pour tous les travailleurs de préparer ce mouvement d’ampleur que craint le gouvernement.

Christian BERNAC