Marseille : la mort d’une octogénaire algérienne n’intéresse pas le procureur

17 Avril 2019

La famille de Zineb Redouane, une octogénaire morte le 2 décembre au lendemain d’une manifestation à Marseille, a porté plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Elle avait été atteinte au visage par une grenade lacrymogène alors qu’elle fermait les volets de son domicile, au 4e étage, pour se protéger des gaz lacrymogènes. La mâchoire et plusieurs côtes fracturées, elle est morte sur la table d’opération. Mais pour le procureur de Marseille, Xavier Tabaraux, il n’y aurait aucun lien de cause à effet entre la blessure et le décès, elle serait morte d’un choc opératoire, avait-il alors déclaré. Puis, après qu’une enquête a été ouverte par le parquet, le procureur a persisté à nier qu’il puisse y avoir une quelconque responsabilité d’un policier, déclarant que les antécédents médicaux de la victime allaient être examinés. Mais, si elle n’avait pas été blessée, pourquoi aurait-elle dû être opérée en urgence ?

Quatre mois après les faits, l’enquête n’ayant pas avancé, le policier fautif reste toujours inconnu. C’est pourquoi, s’appuyant sur des témoignages, y compris celui de Zineb Redouane qui avait pu dire à une voisine qu’un agent de police l’avait visée, sur le fait que des éclats de grenade avaient été retrouvés chez elle et sur le rapport d’autopsie, la famille a porté plainte.

Estimant qu’à Marseille la vie d’une dame âgée et, qui plus est, étrangère, ne vaut pas pour le procureur la peine d’une enquête, l’avocat a demandé le dépaysement de l’affaire. On comprend ses raisons.

Marianne LAMIRAL