Hôpitaux de Paris : grève aux urgences

17 Avril 2019

Le service des urgences de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, est en grève depuis le 18 mars. Les agressions de soignants en ont été le déclencheur.

Le personnel des urgences revendique le remplacement des soignantes en congés maternité, la stagiairisation de ceux qui sont en CDD en vue d’un poste en fixe, la présence d’un vigile 24 h sur 24, des améliorations du matériel de sécurité. Surtout, ce qui est mis en avant, c’est l’obtention d’une prime spécifique de 300 euros par mois pour le personnel des urgences.

L’administration a procédé à la réquisition des grévistes. La grève a donc un caractère de principe, sans conséquence sur la présence du personnel et peu de retrait sur les salaires.

La direction locale de l’hôpital a très vite lâché sur les revendications concernant le matériel et les remplacements… mais pas sur la prime de 300 euros, en disant que cela n’était pas de son ressort. Avec ce succès partiel, les grévistes ont ainsi pris conscience qu’ils avaient les moyens de se faire entendre.

De son côté, la direction générale de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), voyant que les services d’urgences de quatre autres hôpitaux de l’AP-HP rejoignaient la grève le lundi 15 avril, a annoncé des effectifs supplémentaires. Elle a promis d’affecter 45 emplois… à répartir entre les 25 services d’urgences. Elle a aussi évoqué une prime exceptionnelle donc pas mensuelle, bien moindre pour les aides-soignants que pour le personnel infirmier, qui ne satisfait pas du tout les grévistes.

Bien que les grévistes de Saint-Antoine n’aient cherché jusqu’à présent à étendre leur mouvement qu’en direction des autres urgences, ce mouvement a eu un effet regonflant pour les autres services. Ainsi, une centaine de personnes ont envahi une réunion où était présente la directrice du groupe hospitalier.

Cela dit, les problèmes rencontrés par le personnel qui travaille aux urgences sont loin d’être spécifiques à ce service. Les suppressions d’emplois, les fermetures de lits dans les services en aval des urgences, les conditions de travail de plus en plus dures ayant des répercussions sur la vie privée (horaires de travail chamboulés, etc.), et surtout les salaires insuffisants et la baisse du pouvoir d’achat touchent tous les travailleurs hospitaliers, quels que soient leur service et leur hôpital.

Aux urgences de Saint-Antoine, certains craignent que leurs revendications soient noyées dans d’autres plus générales si le mouvement s’étendait aux autres services. Pourtant, il est évident que la direction n’a qu’une peur, c’est que la grève se propage aux 80 000 salariés de l’AP-HP. Lutter pour 300 euros de plus par mois, comme pour de meilleures conditions de travail, sont des objectifs qui peuvent entraîner chacun et donner au mouvement une force considérable. En réalité, c’est même la seule voie qui peut déboucher sur des reculs décisifs de l’administration.

Correspondant LO