Réformes des lycées : pour Blanquer, la culture coûte trop cher

27 Mars 2019

Samedi 30 mars, les principaux syndicats de l’Éducation nationale appellent à une journée de manifestations contre les réformes prévues par le ministre Blanquer. Celles-ci doivent être appliquées dès la rentrée 2019. Le gouvernement est pressé, et pour cause : ces réformes permettent des économies d’heures d’enseignement, et donc de postes d’enseignants, mais aussi de postes administratifs et techniques.

Le gouvernement a ainsi décidé la fusion des académies, ce qui permet déjà la suppression de 400 postes administratifs et techniques. Lille et Amiens perdent 59 postes, l’ensemble formé par Nancy, Metz, Strasbourg et Reims en perd 96. Côté lycées d’enseignement général, officiellement il s’agit d’offrir aux lycéens de plus grandes possibilités de choisir leurs matières. Dans les faits, cela ne pourra se faire sans déménager à l’autre bout d’une académie, pour pouvoir suivre la langue souhaitée par exemple, et encore. Les heures allouées à nombre de matières diminuent et les effectifs des classes gonflent.

Côté lycées professionnels, la réforme envisage de regrouper des filières dans des familles de métiers, soi-disant pour permettre aux jeunes de prendre le temps de choisir leur voie. Mais cela permet surtout de diminuer l’offre de formation. Ainsi, le nombre d’élèves scolarisés dans la filière gestion administration devrait diminuer de 50 % en quatre ans. Le gouvernement prévoit de ne pas remplacer 500 professeurs spécialisés dans cette matière qui partent à la retraite, 500 contractuels ne seront pas renouvelés et, pour un grand nombre d’autres professeurs, une reconversion est proposée.

Les heures d’enseignement délivrées aux élèves diminuent de manière drastique : neuf semaines en moins en baccalauréat professionnel Services, onze semaines en moins en baccalauréat Production. Les heures allouées à l’enseignement des lettres, de l’histoire, des langues, qui permettent une ouverture culturelle, sont amputées. Les jeunes en CAP ­auront 27,5 heures en moins en lettres-histoire, ainsi qu’en langue vivante 1, c’est-à-dire le plus souvent en anglais. C’est peu dire que les programmes ont été allégés ! En classe de seconde baccalauréat professionnel, le programme d’histoire est réduit à un seul grand chapitre, tout comme celui de géographie. L’apprentissage de l’anglais doit se centrer sur le contexte professionnel, par exemple pour comprendre les horaires ou un planning de travail.

Avec de telles propositions, les jeunes voudraient peut-être apprendre d’abord la traduction du mot grève ? En anglais, c’est strike.

Aline RETESSE