Eau potable : prendre le problème à la source

27 Mars 2019

À l’occasion de la journée mondiale de l’eau le 22 mars, l’ONU a consacré un rapport à l’accès à l’eau potable dans le monde. Elle constate que 2 milliards d’êtres humains n’y ont pas droit, soit trois personnes sur dix.

Quatre milliards de personnes font face à une pénurie d’eau au moins un mois par an. Plus de quatre milliards sont privées d’installations sanitaires. Les maladies liées au manque d’eau, comme le choléra ou la dysenterie, font chaque année 780 000 morts, plus que les guerres et les catastrophes naturelles. 80 % des eaux usées sont rejetées dans la nature sans aucune dépollution, entraînant la pollution des eaux de surface et des nappes souterraines. Le manque d’eau menace l’agriculture, l’élevage et met en péril des villages entiers.

Les pays pauvres sont les premiers touchés : plus de la moitié des personnes n’ayant pas accès à une source d’eau potable à moins de trente minutes de route vivent en Afrique, dans des pays où les États n’assurent ni la distribution de l’eau ni son assainissement.

Même dans les pays les moins pauvres, l’accès à l’eau potable n’est pas toujours garanti. De nombreux habitants de la Guadeloupe, département français, subissent des coupures d’eau à répétition car les canalisations n’ont pas été entretenues. Aux USA, les 100 000 habitants de Flint, dans l’État du Michigan, n’ont au robinet qu’une eau toxique chargée de plomb. Dans certains comtés ruraux, notamment dans le Kentucky, la population n’a pas d’eau.

L’accès à l’eau potable pour tous dépend des moyens qui sont investis dans les infrastructures nécessaires. Il y a des milliers d’années, les grandes civilisations comme celle née en Mésopotamie, et plus tard l’Empire romain, ont su développer la gestion et l’adduction de l’eau. Aujourd’hui, alors que les pays les plus riches, comme la France, consacrent des dizaines de milliards par an à la fabrication d’armes sophistiquées, les moyens financiers ne sont pas investis pour permettre à toute la population mondiale l’accès à l’eau potable. Ce n’est évidemment pas une fatalité : seule l’organisation capitaliste empêche l’humanité de résoudre ce problème, alors que toutes les possibilités existent de faire face à cette priorité.

Gaëlle Regent