Enfance en danger : la poudre aux yeux du gouvernement

30 Janvier 2019

Le gouvernement vient de créer un emploi : celui de secrétaire d’État à l’enfance. Cela fait un heureux : Adrien Taquet, ancien patron d’agence de pub et macroniste de la première heure, qui passe de député à sous-ministre.

Par contre, la situation des enfants ayant besoin d’aide sociale est bien moins brillante et ne promet pas vraiment de s’améliorer car le nouveau secrétariat d’État ne dispose d’aucun budget. Sa tâche sera simplement de coordonner les politiques publiques dans le domaine de l’enfance.

En France, plus de 340 000 enfants font l’objet de mesures de protection mises en œuvre par les départements, dont les plus pauvres manquent cruellement de moyens. Ainsi en Seine-Saint-Denis, par manque d’éducateurs, 900 enfants doivent attendre jusqu’à dix-huit mois qu’une mesure prise en leur faveur par un juge, comme un suivi psychologique, puisse être effective. Ailleurs, des foyers où les jeunes sont placés n’ont pas les moyens financiers d’embaucher du personnel qualifié et il arrive que les enfants y soient victimes de maltraitance. Cela a des conséquences sur leur future vie d’adulte : on estime qu’un sans domicile fixe sur quatre est un ancien enfant placé.

Le gouvernement laisse les départements se débrouiller tant bien que mal avec ce problème, les enfants en faisant les frais. C’est moins coûteux de se doter d’un secrétaire d’État que d’embaucher les éducateurs et autres professionnels qui seraient nécessaires.

Lucien DÉTROIT