Climat : “Changeons de système, pas de planète”

30 Janvier 2019

Dimanche 27 janvier, des milliers de personnes ont manifesté dans toute la France contre l’inaction des gouvernements et des États face aux menaces que le réchauffement climatique fait peser sur les populations, sur l’avenir des sociétés et de la planète.

Des banderoles, des pancartes proclamaient « Quand c’est fondu, c’est foutu ! », « On veut respirer », « On n’a pas de planète B » et aussi, pratiquement dans tous les rassemblements, « Changeons de système, pas de planète ! » Reste à déterminer ce qu’on entend par système.

Depuis maintenant des décennies, chaque année, une grand-messe internationale regroupe tous les chefs d’État dans une Conférence des parties sur le climat, les fameuses COP. Ils savent tout, ces chefs d’État, ils connaissent tous les risques. Le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, leur fournit toutes les informations, toutes les connaissances scientifiques en matière d’incidence des changements climatiques sur l’environnement et la vie.

Ils savent quels seront les effets d’une augmentation de la température de la planète sur la hausse du niveau des mers, l’intensité des vagues de chaleur, les cultures, la pêche, les espèces animales et végétales, et bien sûr sur les populations humaines, avec les ouragans, les pluies torrentielles, les famines, la pauvreté et la misère. Que font-ils de ces connaissances ?

Leur action se limite tout juste à organiser des campagnes pour lutter contre le gaspillage, à réduire la place du plastique et de la voiture dans nos sociétés, ainsi qu’à multiplier les labels verts et à vendre des produits prétendus bios.

Tous les gouvernements savent, et depuis des années, que pour limiter l’augmentation de la température moyenne de la planète en dessous de 1,5°C, ce que préconise le GIEC, il faudrait réduire drastiquement les rejets de gaz à effet de serre, et notamment de gaz carbonique. Pour ce faire, les experts affirment qu’il faudrait réduire les émissions de gaz carbonique de 45 % d’ici 2030.

Mais pour atteindre un tel objectif, il faudrait contraindre les industriels du pétrole, du charbon, de l’automobile, de l’alimentation, des transports et tous les autres à adopter une autre logique que celle du profit. Or dans le système capitaliste, par définition, les capitaux ne viennent s’investir dans une activité que s’il y a l’espoir de réaliser un profit, le plus grand possible. C’est pour cette raison que cette organisation économique ne tient pas compte des besoins des hommes, des femmes et de toute la planète.

Alors oui, changeons de système, pas de planète, renversons le système capitaliste, afin d’offrir encore à la planète et à la vie qu’elle porte un long avenir.

Sophie GARGAN