Taxation des aides des CE : une ponction de plus sur les travailleurs

07 Novembre 2018

Le 30 octobre, lors de la discussion du projet de budget 2019 de la Sécurité sociale, les députés ont adopté un amendement proposant de soumettre à l’impôt et aux cotisations sociales les aides diverses accordées par les comités d’établissement.

Les travailleurs qui les reçoivent en étaient jusqu’ici exonérés de fait. Désormais, à partir de 331 euros par an et par salarié (662 s’il a des enfants), ils seront imposables sur ces aides.

Les aides des comités d’établissement représenteraient autour de 30 milliards, et l’État espère tirer 1,7 milliard de leur taxation. Ce sont principalement les aides pour les colonies de vacances, les voyages, les activités culturelles et sportives, les concerts, le théâtre, et pour les séjours linguistiques, ainsi que les bons d’achat ou les cadeaux pour l’arbre de Noël ou la rentrée des classes.

Même si les colonies de vacances appartenant aux CE sont de plus en plus rares, même si, de ce fait, les aides font tourner le secteur touristique marchand, même si elles ne concernent pas tous les travailleurs, c’est une attaque contre le monde du travail.

Ceux qui ont protesté jusqu’ici sont des confédérations syndicales investies dans la gestion des CE, comme la CFDT et la CGT, ainsi que les opérateurs de voyages collectifs. Mais tous les travailleurs des moyennes et grandes entreprises seront touchés. Envoyer un enfant en colonie de vacances ou en séjour linguistique coûtera plus cher, car le plafond de 662 euros sera vite dépassé. Ces aides des CE ou des entreprises ne font que compenser un peu la faiblesse des salaires.

Pour taxer le monde du travail, les gouvernants sont d’une imagination et d’une perspicacité infinies, aussi infinies que leur recherche de moyens pour augmenter les profits et les richesses insolents des bourgeois.

Vincent GELAS