SNCF - Paris-Nord : le mépris de la direction ne passe pas

07 Novembre 2018

À la gare de Paris-Nord, les chefs de service ont décidé de se faire entendre de la direction, qui affiche depuis des semaines un mépris complet vis-à-vis des agents de la gare.

Ces chefs sont, malgré leur nom, des agents d’exécution. Chargés de réaliser des opérations concernant le départ des trains, ils n’ont pas apprécié de recevoir un mail de la direction leur signifiant qu’ils n’avaient rien à faire dans les locaux du Centre opérationnel où ils font leur prise de service et qu’ils devaient, tout de suite après avoir pris connaissance des opérations à réaliser, partir sur le quai et y rester.

Non seulement ces agents passent déjà la grande majorité de leur temps sur les quais et dans la gare, mais ils ont aussi des préparations à faire dans le Centre opérationnel. Par ailleurs, un autre responsable a cru intelligent de leur dire qu’ils n’avaient aucune utilité en gare, ce qui est tout aussi faux.

En ayant eu assez de toutes ces réflexions méprisantes, ils ont voulu le faire savoir à la direction et ont eu tout de suite la solidarité des autres agents travaillant en gare. C’est à plus de vingt, alors qu’ils ne sont que huit dans l’équipe, qu’ils sont montés vider leur sac.

La direction a joué sur le thème « On ne vous répondra pas, on ne peut pas discuter dans de telles conditions » et s’est limitée à les recevoir dans le couloir. De toute façon, le bureau était trop petit pour que tout le monde puisse y rentrer. Pendant 30 minutes, le responsable du service et le directeur d’établissement ont dû supporter d’entendre tout ce que les travailleurs avaient à dire, et on voyait bien que cela ne leur plaisait pas du tout, bien incapables qu’ils étaient d’apporter de vraies réponses aux problèmes concrets posés.

Tous les agents mobilisés étaient contents d’avoir exprimé leur mécontentement et de s’être retrouvés ensemble, chefs de service, vente et accueil, au coude-à-coude, solidaires. Parmi les cheminots, les liens tissés pendant la grève du printemps dernier sont toujours vivaces.

Correspondant LO