PSA – Valenciennes : une direction incompétente

05 Septembre 2018

Les usines PSA de Sochaux et Mulhouse connaissent régulièrement, depuis des mois, des jours de chômage technique, à cause d’une défaillance d’approvisionnement des boîtes de vitesses fabriquées à l’usine PSA de Valenciennes.

Effectivement, Valenciennes n’arrive plus, depuis quelques mois, à produire suffisamment de boîtes de vitesse à six rapports, du fait de la politique de réduction des coûts imposée par Carlos Tavares, le PDG du groupe. Depuis des années, la direction supprime des emplois, notamment des emplois de maintenance et d’ouvriers professionnels sous forme de départs en préretraite ou de non-remplacements de départs… de moins en moins au volontariat. Dans le même temps, la direction s’est refusée à investir le moindre euro pour rénover les machines qui, usées jusqu’à la corde, tombent de plus en plus souvent en panne. Résultat, une production impossible à faire. Pour ne pas trop arrêter les usines d’assemblage de Sochaux ou de Mulhouse, la direction se voit obligée de faire venir par charters des boîtes de vitesse de ses usines en Chine. Cela lui coûterait plus de 1,5 million d’euros par mois.

Le 28 août, le PDG Tavares est venu à l’usine de Valenciennes non pas pour annoncer un plan d’embauches et des investissements, mais pour tenter de mettre les travailleurs sous pression, afin qu’ils produisent 3 000 boîtes de vitesse par jour, alors que l’objectif actuel est de de 1 800. Refusant d’admettre que sa politique de réduction des coûts à tout prix se retourne contre lui, il cherche à en rendre responsable les travailleurs en leur demandant de transpirer encore plus.

Les travailleurs de Sochaux ont perdu près de 140 euros sur leur paye de juillet et c’est inacceptable. Mais, beaucoup plus grave, encore huit jours après la venue de Tavares à l’usine, un jeune intérimaire de 21 ans a été victime d’un très grave accident du travail à Valenciennes.

Que la direction et son PDG en tête soient incapables d’organiser la production est leur affaire. Mais ce n’est certainement pas aux travailleurs d’en payer les conséquences.

Correspondant LO