Déchets nucléaires à Bure : les opposants harcelés par la police

04 Juillet 2018

Un avocat placé en garde à vue le 20 juin, son cabinet perquisitionné, ses documents, ordinateurs, clés USB et téléphone portable saisis par la police : quelle importante affaire de terrorisme ou de grand banditisme pouvait donc bien justifier ces mesures assez exceptionnelles ? Rien d’autre que la vendetta que des pouvoirs publics poursuivent contre les opposants au projet gouvernemental Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse.

Quelques jours après une manifestation d’au moins un millier de personnes criant dans les rue de Bar-le-Duc : « Non à la poubelle nucléaire », une dizaine de militants antinucléaires et leur avocat ont été interpellés au cours d’une opération mobilisant 200 policiers et gendarmes. Ils enquêtaient sur une précédente manifestation, appelée en août 2017 à Bure, où la gendarmerie avait utilisé gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes et canons à eau contre quelques centaines de manifestants.

Mais évidemment ce ne sont pas ces agresseurs en uniforme qui sont dans le collimateur des pouvoirs publics, mais des manifestants et leur avocat maître Ambroselli, qui a été gardé à vue dans le cadre d’une enquête sur cette manifestation.

Il est ressorti libre au bout de 36 heures sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui. Quelques jours après, la juge des libertés et de la détention du tribunal de Bar-le-Duc a invalidé la saisie de son matériel.

Le procès-verbal de la saisie devra être détruit et aucune des pièces ne pourra être utilisée par la police ou la justice.

Le gouvernement et les gros intérêts financiers de la filière nucléaire ont le bras long, mais ils ont perdu cette manche et les opposants à Cigéo continuent de se mobiliser.

Lucien DÉTROIT