Budget 2019 : contre les fonctionnaires et tous les travailleurs

04 Juillet 2018

Le budget en préparation pour l’année 2019 est un nouveau plan de guerre du gouvernement contre les classes populaires. En plus de supprimer 100 000 emplois aidés et 70 000 emplois de fonctionnaires, le gouvernement envisage aussi de baisser le budget des aides au logement (APL) de 1,3 milliard d’euros.

Ce budget sera voté à l’automne mais c’est maintenant que les mauvais coups se préparent. Il est question de réformer les APL en fixant leur montant en fonction des revenus de l’année en cours et non plus des années précédentes. Mais aussi alambiquée que sera la méthode de calcul utilisée, l’objectif du gouvernement, lui, est simple : baisser leur montant.

Pour les suppressions d’emplois aidés et de postes de fonctionnaires, le gouvernement saura aussi trouver des prétextes. Par exemple, au ministère des Finances publiques, il est question de « transformation numérique », c’est-à-dire de remplacer des femmes et des hommes en chair et en os par un site internet. Mais la « modernisation » a bon dos. En quoi moderniser impose-t-il de supprimer des emplois ? Cela devrait permettre au contraire à des agents des finances publiques d’être plus disponibles pour aider les personnes en ayant besoin, comme celles qui ont du mal avec l’informatique. Cela pourrait aussi permettre de renforcer les services qui sont censés lutter contre la fraude fiscale des grands groupes industriels et financiers.

Mais comme on dit, c’est demander du lait à un bouc. L’État n’est pas fait pour cela mais pour être au service des capitalistes. Et cela s’exprime d’une façon éclatante avec l’élaboration de son budget.

L’an dernier, l’État a trouvé plus de 40 milliards d’euros à donner aux financiers au prétexte qu’ils lui ont prêté de l’argent. Et à cela, il faut ajouter les dizaines de milliards d’euros de subventions au patronat qui se cachent derrière n’importe lequel des budgets publics. Quelle part du budget de la Santé va à des industriels du BTP, de la pharmacie ou des hautes technologies ? Quelle part du budget de l’Éducation gonfle les profits des éditeurs de livres scolaires ? Et ne parlons pas du budget de l’Armée qui fait les bénéfices des Dassault, Thalès et autres groupes industriels.

À chaque nouveau budget de l’État, des milliards d’euros sont dégagés pour être donnés à fonds perdus au grand patronat. Et les services publics nécessaires aux couches populaires, eux, étouffent asphyxiés.

Pierre ROYAN