Centres de rétention : de plus en plus d’enfants enfermés

20 Juin 2018

La contrôleuse des lieux de privation de liberté a publié le 14 juin un avis critiquant l’augmentation du nombre d’enfants étrangers détenus dans des centres de rétention administrative (CRA), l’antichambre des expulsions pour les migrants sans papiers interpellés.

Le nombre de mineurs détenus en CRA était de 41 en 2013 ; il est monté à 304 en 2017. Le chiffre explose depuis 2015 et, en 2016, la France a été condamnée à cinq reprises par la Cour européenne des droits de l’homme.

La contrôleuse des lieux de privation de liberté note : « L’enfermement des enfants, même pour une courte durée, a nécessairement des conséquences négatives sur eux : plongés dans un univers quasi pénitentiaire, anxiogène, entourés de murs, de grilles et de barbelés, ils sont témoins de tous les actes de la vie du CRA : rendez-vous à l’infirmerie, violences, notification des décisions, transfert de personnes entravées ou menottées ». Il ressort, poursuit l’avis, « que nombre des enfants exposés à un tel traitement ont ensuite nourri durablement des angoisses et subi des troubles du sommeil, du langage ou de l’alimentation ».

Dans son projet de loi asile et immigration, qui allonge de 45 à 90 jours la durée maximale de séjour en centre de rétention, le gouvernement a repoussé les amendements de sa propre majorité souhaitant interdire l’enfermement des enfants. En jugeant que cela rendrait impossible d’expulser les familles, Gérard Collomb a ajouté le cynisme à l’inhumanité.

Boris SAVIN